Des batteries électriques bientôt produites en RDC ?

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La République démocratique du Congo entend s’investir davantage dans la transformation des matières premières, notamment pour la production des batteries.

La République démocratique du Congo représente environ deux tiers de la production mondiale de cobalt, un minerai exporté sous forme brute et utilisé dans la fabrication des batteries. Récemment, au DRC-Africa Battery Metals Forum, une conférence spécialisée dans les métaux pour batteries, le ministre zambien des Mines, Paul Chanda Kabuswe, a insisté sur le fait que l’Afrique devait « progresser dans la chaîne de valeur afin que les personnes qui vivent où les matières premières sont disponibles en bénéficient ».

Miser sur la transformation

Depuis novembre 2021, la RDC et la Zambie ont annoncé leur intention de s’investir davantage dans la transformation locale de matières premières importantes pour la transition énergétique. Les deux pays souhaitent créer une zone économique spéciale dans laquelle les matières premières seront transformées pour fabriquer des batteries.

La RDC regorge à elle seule 70% des réserves mondiales de cobalt. Un minerai indispensable à la fabrication des batteries électriques. Pour saisir cette opportunité, la RDC s’est alliée à la Zambie, qui cumule, pour sa part, 10% des réserves mondiales de cobalt. Les deux pays ambitionnent de créer une chaîne de valeur africaine pour les minéraux servant à la fabrication de batteries…

Devenir l’un des plus grands producteurs mondiaux de batteries : c’est l’ambition de la République démocratique du Congo qui fait déjà des projections à long terme.

« Face au défi d’une industrie décarbonée au niveau mondial, il est de notoriété publique que la République démocratique du Congo a l’ambition de devenir un des grands producteurs des batteries électriques d’ici 2030-2040  » avait déclaré Vuko Ndondo Kakule le directeur exécutif adjoint du Conseil congolais des batteries.

Des points à éclaircir

Si le projet de la RDC semble ambitieux, certains acteurs du secteur des mines comme Marie-Chantal Kaninda, présidente de Glencore RDC, géant suisse de l’extraction minière, met en garde : extraire les matières premières est une chose, les transformer est bien plus difficile.

« C’est vrai qu’en produisant peut être du métal, il y aura une augmentation de valeur mais à ce stade, il est important de tenir compte de la demande. Parce que si vous produisez un produit qui n’est pas demandé, le pays n’en profitera pas » explique-t-elle.

Outre le cobalt, le lithium, le nickel et le manganèse sont également nécessaires à la production de batteries. Des ressources disponibles au Congo, mais qui sont peu exploitées actuellement.

La zone économique spéciale prévue devrait donc être approvisionnée par d’autres pays dans un premier temps.

Mais il y a aussi la question du coût de construction d’une usine et celui de la production des batteries. Une étude de faisabilité du projet a été commandée à ce sujet.

Beaucoup de questions restent cependant ouvertes selon Jean Pierre Okenda avocat congolais et directeur pays de Resource Matters, une organisation non gouvernementale internationale qui opère dans le domaine des industries extractives.

Selon Jean Pierre Okenda : « il ne s’agirait pas seulement d’avoir une étude de faisabilité ou d’avoir des minerais qui sont en RDC, non. Mais c’est un écosystème qu’il faut mettre en place. Et ça demande vraiment une volonté politique forte, mais pas seulement une volonté politique forte mais aussi des capacités d’organisation élevées, c’est pour cela que je crois qu’il faut avoir un projet régional et pas laisser cela seul à la RDC. »

Jean-Pierre Okenda rappelle qu’il y a un manque de travailleurs qualifiés spécialisés, d’infrastructures nécessaires au transport des matières premières, et notamment l’électricité pour les grandes installations de production.

Dans ce contexte, de nombreuses entreprises souhaitent attendre de voir ce que le gouvernement congolais et ses partenaires mettent réellement en place.

Pour l’heure, les candidats les plus prometteurs viennent de Chine, un pays qui domine déjà la chaîne d’approvisionnement des batteries.

Source: AfricaNews