C’est un séisme politique et institutionnel d’une ampleur inédite qui vient de secouer l’association des Elus politiques et professionnels en France d’origine ou de nationalité camerounaise (Efracam). Au terme d’une crise de gouvernance aiguë, marquée par des tensions croissantes et des griefs d’une gravité exceptionnelle, l’ancien exécutif incarné par Pierre de Gaëtan Njikam et Mme Maxence Ansel a été formellement destitué. Une nouvelle page s’ouvre désormais sous l’impulsion du Dr Georges Kibong A Mira, porté à la présidence lors des Assemblées générales extraordinaire et ordinaire (Age/Ago), tenues le 4 juillet 2026 à Chevilly-Larue en France.
Dr Georges Kibong A Mira, le nouveau président
Pendant des mois, le malaise a couvé dans les rangs de cette organisation-phare regroupant les élus franco-camerounais de l’Hexagone et d’Outre-mer.
Tempête sur la gouvernance : la chute du bureau-sortant
En coulisses, les griefs s’accumulaient contre la présidence de Pierre de Gaëtan Njikam et la gestion de sa vice-présidente chargée de la communication, Maxence Ansel. Opacité financière, contournement des instances collégiales, dépenses festives engagées sans délibération budgétaire, signature unilatérale de conventions et manquements managériaux violents : la liste dressée par le Conseil d’Administration est vertigineuse.
Parmi les révélations les plus troublantes portées à la connaissance des membres, la trésorière de l’association a notamment signalé des mouvements de fonds inexpliqués, dont des virements en provenance d’Allemagne, tout en dénonçant l’incapacité de l’ancien exécutif à fournir les pièces justificatives essentielles. Par ailleurs, la clôture unilatérale des canaux de communication internes WhatsApp et le non-respect des règles de recrutement d’adhérents (violation flagrante de l’article 4.2 des statuts) ont achevé de paralyser la vie associative, instaurant un climat d’intimidation décrié par de nombreux membres.
Face à cette dérive institutionnelle, la base s’est mobilisée. Sous la conduite conjointe de la trésorière et de la secrétaire générale, Mme Caroline Adomo, plus d’un tiers des membres actifs a exigé la convocation des instances souveraines. Le 4 juillet 2026, réunissant plus de trois tiers des membres actifs présents ou représentés, l’Age et l’Ago ont acté à la majorité la déchéance de l’ancienne équipe et le rejet net de sa gestion passée.
Légitimité préfectorale et protection juridique intégrale
Bien que les dirigeants déchus aient tenté de contester la validité de ces résolutions, à travers des sorties médiatiques, la réalité juridique et administrative est venue balayer toute ambiguïté. Conformément à la loi du 1er juillet 1901, les délibérations de la nouvelle gouvernance ont été officiellement transmises aux services de l’Etat. Le 28 juillet 2026, la préfecture de police de Paris a délivré le récépissé officiel de modification, sous le numéro W751229538, entérinant l’élection du Dr Georges Kibong A Mira et la composition de son nouveau bureau.
Sur le plan du droit des marques, le verrouillage est tout aussi catégorique. Le 6 juillet 2026, la nouvelle direction a procédé à l’enregistrement et au dépôt du nom ainsi que du logo officiel auprès de l’Institut national de la propriété industrielle (Inpi), sous le numéro 5286099.
Le message de la nouvelle présidence est sans équivoque : Pierre de Gaëtan Njikam et Maxence Ansel n’ont plus aucune qualité ni mandat pour parler, agir, souscrire ou s’exprimer au nom d’Efracam. Toute tentative d’usurpation du titre ou d’utilisation des signes distinctifs protégés fera l’objet de poursuites judiciaires immédiates devant les juridictions civiles et pénales compétentes.
Par ailleurs, par des courriers formels datés du 10 août 2026, le Conseil d’administration a signifié à M. Njikam et Mme Ansel leur suspension temporaire à titre conservatoire de leur qualité de membre. Une procédure contradictoire est engagée, accompagnée d’une sommation sous huitaine de restituer l’ensemble des accès numériques, archives comptables et matériels de l’association, sous peine de constat d’huissier.
Transparence, éthique et cap stratégique
S’appuyant sur l’accord-cadre concédé par le ministère de l’Administration territoriale du Cameroun (arrêté n° 000038/Ah/Minat/Sg/Dap/Sdlp/Sa du 15 mai 2026) et renforcée par sa reconnaissance institutionnelle en France, la présidence du Dr Georges Kibong A Mira entend impulser une refonte éthique en profondeur. « C’est désormais une nouvelle page qui s’ouvre. Notre ambition première est de réunir tous les élus français d’origine ou de nationalité camerounaise autour d’une vision commune, collégiale et transparente », réaffirme le nouveau président.
Pour concrétiser cette rupture avec les méthodes du passé, l’adoption d’une Charte éthique contraignante, signée par l’ensemble des administrateurs et membres du bureau, constituera la pierre angulaire de cette nouvelle gouvernance.
En remettant l’orthodoxie budgétaire, le respect des statuts et le service de l’intérêt général au cœur de son action, le nouveau bureau d’Efracam entend restaurer la confiance auprès des administrations, collectivités et partenaires des deux côtés de l’Atlantique, tout en redonnant à la communauté des élus toute la dignité et la portée institutionnelle qu’elle mérite.
Cyprien MBOCK















