FIFA : Lettre ouverte aux Présidents africains des Fédérations de football

0
2

Faites la promotion d’une candidature africaine à la présidence de la FIFA

Serge Didier HENGOUP

Chers Présidents,

Par la présente, il m’échoit l’insigne honneur de vous adresser mes honorables et respectueux compliments pour l’excellent travail que vous accomplissez en vue du développement du football dans vos pays respectifs. Des compliments auxquels j’associe mes encouragements sincères et perpétuels pour la suite de vos carrières dans le monde du football.

Parlant justement de carrière, il me vient à l’esprit une échéance qui aura lieu le 18 mars 2027: l’élection du président de la Fédération internationale de football Association (FIFA). Elle aura lieu en terre africaine (Rabat au Maroc), cela n’est nullement anodin !

Voyez-vous, le président actuel de l’instance est l’Italo-suisse Gianni Infantino. Il est le neuvième président de l’histoire de l’institution. Avant lui, il y a eu les Français Robert Guérin (1904-1906) et Jules Rimet (1921-1954, plus long règne), le Belge Rodolphe Seeldrayers (1954-1955), les Anglais Daniel Burley Woodfall (1906-1918), Arthur Drewry (1956-1961) et Stanley Rous (1961-1974), le Brésilien Joao Havelange (1974-1998) et le Suisse Sepp Blatter (1998-2015). C’est dire que depuis la création de la FIFA en 1906, seuls deux continents (l’Europe et l’Amérique du Sud) ont ainsi fourni la totalité des présidents. Après la suspension de Sepp Blatter de ses fonctions en 2015, c’est le président camerounais de la CAF, Issa Hayatou, en tant que doyen des vice-présidents du comité exécutif de la FIFA, qui avait géré les affaires courantes, d’octobre 2015 jusqu’à l’élection de Gianni Infantino en février 2016.

Cette candidature africaine me semble opportune, judicieuse et légitime

Je voulais attirer votre attention sur un fait : en ce moment où l’actuel président de la FIFA est vomi par ses pairs, et surtout par l’Europe qui l’a toujours soutenu, il me semble opportun, judicieux et légitime de proposer et promouvoir une candidature africaine au poste de président de l’instance mondiale du football. Je suis à cet effet convaincu que l’un d’entre vous peut prendre les rênes de la FIFA, si l’unité, l’union et la cohésion sont mises en avant et deviennent ainsi les leitmotivs de votre démarche.

Avec 54 membres, la Confédération africaine de football (CAF) est la seconde entité de la FIFA, après l’Union des associations européennes de football (UEFA) qui compte 55 membres. Viennent ensuite l’AFC (Asie) qui a 47 membres (avec l’Australie); la CONCACAF (Amérique du Nord, centrale et Caraïbes) avec ses 41 membres; l’ OFC (Océanie) avec 11 membres et le CONMEBOL (Amérique du Sud) avec 10 membres. Au total, les associations membres de la FIFA représentent 211 pays et territoires sur les six continents. Etant donné qu’il faut 106 voix pour être élu à la présidence, le candidat africain, avec un programme réaliste et alléchant, ira à la recherche des 52 voix manquantes pour le sacre. Pour cela, il faut de l’ambition; d’où mon exhortation à y réfléchir maintenant !

En faisant la promotion d’une candidature africaine, mathématiquement, en cas de multitude de candidatures, l’Africain serait au second tour. Avec le jeu des alliances, tout est possible à cette étape; et je serai optimiste en déclarant que la victoire ne pourra pas échapper à notre continent. Il urge de faire l’union sacrée autour d’une candidature qui proposera un projet hautement ambitieux, puis de commencer dès à présent une campagne en scellant des accords avec d’autres entités liées au scrutin. L’objectif final étant de gagner l’élection du 18 Mars 2027. J’estime qu’aller à cette élection avec un objectif autre que de gagner serait une preuve criarde de manque d’ambition, donnant l’impression très souvent répandue selon laquelle les Africains ne sont bons que pour accompagner les autres à diriger.

Je propose une présidence tournante entre tous les continents, comme à l’ONU

Je propose d’ailleurs, selon le principe de l’élection du Secrétaire général de l’ONU où elle est faite de manière tournante entre les ressortissants de tous les continents, que ce principe soit également acté, établi et appliqué en ce qui concerne l’élection à la présidence de la FIFA. L’adoption d’une telle règle ne viendrait que confirmer la notion d’universalité du football. Alors chers présidents, je vous exhorte à porter ce combat et à le faire triompher !

Faire la promotion d’une candidature africaine à la présidence de la FIFA, c’est avoir la certitude de garantir, de sauvegarder les intérêts et surtout de faire rayonner l’image du football africain. Nous avons tous été scandalisés lors de la dernière Coupe du Monde de football, lorsque le meilleur arbitre africain (le Somalien Omar Abdulkadir Artan) a été empêché comme un vulgaire malpropre d’entrer et d’exercer son métier sur le sol américain, alors qu’il était en possession d’un visa valide et valable. Au cours d’une conférence de presse, Gianni Infantino est venu nous insulter davantage en déclarant que « la FIFA ne dirige pas les gouvernements et ne contrôle pas les décisions d’immigration. ». Une insulte infâme pour tout un continent. Il aurait mieux fait de se taire !

Messieurs les présidents, prenez vos responsabilités et entrez dans l’histoire comme étant ceux qui ont fait élire un des vôtres à la présidence de la FIFA. Il suffit juste de faire un choix parmi vous et de croire que Yes We Can !

L’Afrique vous regarde et vous soutiendra dans votre choix, quel qu’il soit.

En émettant le vœu que cette lettre trouve un écho favorable en votre sein, je vous prie de croire, Messieurs les présidents, à l’expression de ma très haute et cordiale considération.

Serge Didier HENGOUP

Journaliste – Expert en communication