Dr Cheikh Modibo Diarra :« L’Afrique n’a pas de temps à perdre »

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Les gens peuvent voir exécuter des expériences du type success story, et Cheick-Modibo-Diarraoù petit à petit, les gens vont voir leur avancée s’accélérer; c’est-à-dire au lieu de s’asseoir et de réfléchir pendant trois ans, on y pense et on cherche automatiquement  qui a déjà fait la chose et on y va

 Point Afrique : Cheikh Modibo Diarra, est-ce qu’on peut avoir vos impressions au terme de cette 3e édition du forum des meilleures pratiques

Cheikh Modibo Diarra : Cette 3e édition du forum, à mon avis, est la plus réussie à ce jour, et cela pour plusieurs raisons. D’abord, pour la première fois, nous avons accueilli ici des représentants venus de 55 pays dont 42 africains. Deuxièmement, j’ai vu l’organisation logistique du forum qui a été mise en place de façon très professionnelle. Au moment où je vous parle après avoir procédé à la clôture de la cérémonie, nous n’avons pas encore reçu des indications qui signalent qu’il y a eu des incidents regrettables, ou des problèmes de transport. 3e sur le contenu qui a été présenté, la qualité de représentation, le niveau de représentation et le contenu de représentation étaient vraiment très satisfaisant.

Sur ce point cependant, je me demande si cela est du au fait que ce forum a atteint sa vitesse de croisière, sa maturité  ou si cela est du au choix du thème qui est la cybersecurité, qui est un thème aujourd’hui majeur même pour les nations qui ont été à la base même du développement de la cyberindustrie.

J’espère seulement que cette tendance va continuer et que la quatrième édition connaîtra encore plus de succès et de participation. Parce que l’Afrique a atteint aujourd’hui un niveau de maturité qui permette que nous puissions prendre des initiatives qui vont au delà de notre continent et dont les autres continents peuvent même en bénéficier.

Est-ce que le thème de la cybercriminalité n’a-t-il pas été choisi par rapport à l’actualité ?

Le choix du thème est guidé par un processus qui dure depuis six mois. Ça veut dire que depuis six mois, nous avons consulté, nous avons regardé les fora qui ont travaillé sur les sujet et comment l’utilisation des technologies dans certains domaine peut nous aider à avancer. Nous sommes arrivés à la conclusion que lorsque nous utilisons les technologies, c’est double parce qu’il s’agit des banques de données immenses, comme par exemple la banque de données qui concerne le fichier civil de la population pour en faire des fichiers au niveau de la douane, des impôts, de l’éducation, de la santé, etc. Ce genre de chose à besoin d’être protégé.Donc en réalité nous on n’a pas choisi ce thème en nous basant sur ce qui se passe aujourd’hui. Au contraire nous avons eu la capacité de réflexion prospective. Nous avons la capacité de nous asseoir, de réfléchir, d’arriver à la bonne  conclusion avant même que les autres n’y arrivent.

Le chef de la délégation de l’Union européenne qui est un de vos partenaires, dans son allocution, a insisté sur le fait que le forum doit s’institutionnaliser, comment est-ce que vous appréciez cette démarche ?

Je trouve que c’est un bon commentaire, mais il faut le mettre dans son contexte. Moi je suis un fils de l’Afrique, passionné par son continent. Je me trouve à la tête de Microsoft, je réfléchis, comment est ce qu’il faut accélérer le développement pour le pays. Donc je vais créer un forum où les gens vont se retrouver et partager leurs meilleures pratiques. Et ces gens c’est qui ? Ce sont les gouvernements. Moi en tant que fils de l’Afrique, président d’une corporation qui veut assumer sa responsabilité sociale, j’investi de l’argent, je mets en place ce forum, une première fois.

Je mets encore en place ce forum une deuxième fois. Bien que j’invite les Etats et tout le secteur privé à venir. Vous savez, on vit dans un monde où la fiction peut devenir la réalité. Et s ce que les gens pensent, peut être créé par Microsoft, où les thèmes et ça sont contrôlés et les conclusions contrôlées par Microsoft. C’est pour cela je suis allé voir l’Union, européenne, je les ai intéressés par l’idée et j’ai les ai amenés pour le 3e forum à mettre les moyens qu’il faut pour que nous, nous puissions passer le bâton au Burkina Faso qui va établir un bureau permanent pour le forum des meilleures pratiques avec un secrétariat permanent et quand le ministre Amos dit qu’il faut institutionnaliser tout cela, je crois que c’est sa façon d’inviter les autres Etats africains à se l’approprier en même temps que le Burkina pour que ce soit peut être un forum de l’Union africaine par exemple, ou un forum de la CEDEAO, un forum sous régional pour que ce ne soit pas sur les épaules d’un seul pays et pouvoir de ce fait instaurer la prospérité et la croissance. Je crois que c’est dans ce contexte que cela a été fait. Donc on est parti initialement d’une idée qui a été mise en place et soutenue par une compagnie privée, ensuite qui a passé le flambeau avec l’aide de l’Union européenne à un Etat, et maintenant si tous les Etats se l’approprient, je pense que cela va permettre à la chose de devenir robuste et résister à toutes  les choses qui peuvent arriver potentiellement.

On se rend compte de plus en plus que la sécurité des codes n’existe plus,  mais si c’est quelque chose d’institutionnalisée où les pays mettent quelque part des ressources de façon durable pour que  ce secrétariat permanent puisse fonctionner,  mais surtout puissent faire du suivi entre deux fora. C’est-à-dire quand un pays est intéressé, ce secrétariat peut le mettre en contact avec le pays qui a fait l’expérience d’une part, mais aussi avec des bailleurs de fonds qui sont intéressés d’autre part,  donc ce secrétariat permanent a un rôle primordial qui nous permet maintenant de transformer toutes cette approche qui est une approche de vision en du concret ; où on va voir des pays aller piquer des expériences vécues par d’autres. Les gens peuvent voir exécuter des expériences du type success story, et où petit à petit, les gens vont voir leur avancée s’accélérer; c’est-à-dire au lieu de s’asseoir et de réfléchir pendant trois ans, on y pense et on cherche automatiquement  qui a déjà fait la chose et on y va. Et moi avant de sortir de ça et de laisser ça au Burkina, je mettre en place un serveur, avec un site web qui est construit où résident toutes les meilleures pratiques en ligne. Donc à partir de n’importe quel point du globe, on peut accéder à ces informations et en fonction du thème qu’on cherche, on a toutes les informations.

propos recueillis par RK

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