Burundi : la Première dame revisite son itinéraire

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“La Force d’espérer” tel est le titre d’un roman arton4310autobiographique que vient de commettre la première dame du Burundi, Mme Nkurunziza. Si la cérémonie de dédicace a connu quelque raté essentiellement dû à l’absence à ladite cérémonie d’Ellen Johnson Sirleaf, présidente du Libéria et première femme Chef d’Etat en Afrique qui l’a préfacé, il s’agit d’un chef-d’œuvre à dévorer sans modération.

 Vendu à la 21 euros, «La Force d’espérer» est l’histoire du destin inespéré de la première dame qui, bien qu’issue d’une famille aisée, aura successivement connu l’adversité, l’isolement et surtout des amours tumultueuses. Mais déterminée à vivre cette passion jusqu’au bout, elle vivra stoïque la hantise de la guerre de 1993, tant il est vrai que son compagnon et amour de toujours y était engagé en première ligne.

 En fait, vivant dans l’incertitude permanente, la première dame du Burundi aura été astreinte durant huit ans çà remettre sa destinée entre les mains de l’Eternel, à défaut de s’enfermer dans le travail ou surtout el sport à travers lequel se noua sa rencontre avec celui qui allait devenir le président du Burundi après huit années de maquis. Autant l’évocation de certaines péripéties de cette vie tumultueuse peut susciter compassion et même de la sympathie pour l’héroïne dudit roman,Denise Bucumi, il n’en demeure pas moins vrai qu’il s’agit en fait d’un apprentissage vivant à la patience.

 Ce d’autant plus que, celle qui deviendra par la suite première dame du Burundi, aura fait montre d’une foi inébranlable, sans jamais désespérer de retrouver aussi bien son amour de toujours que la liberté, avec le rétablissement de la paix au sortir d’une guerre aux allures d’épuration ethnique. Et même si pour certains, elle ne disposait pas d’autre choix que celui d’attendre stoïquement son amour et la restauration de la paix, il ne fait point de doute que son statut aurait pu lui dicter quelque recours à l’exil, comme bon nombre de ses compatriotes, au plus fort de la guerre.

 Mais en choisissant de rester et de vivre de bout en bout cette double situation douloureuse de guerre et d’isolement vis-à-vis de sa passion amoureuse, Denise Bucumi aura démontré une force de caractère à nulle autre pareille. Et très certainement en raison de cela qu’elle ne pouvait titrer son roman autrement que «La Force d’espérer». Et loin de relever de quelque force physique, il s’agit en fait de la ferme conviction qui aura de tout temps animé la future première dame du Burundi, mais aussi et surtout son patriotisme.

 Avec autant de foi, on comprend également que Dieu ait une place toute singulière dans sa vie, démontrant ainsi qu’à travers lui rien n’est impossible. Surtout comme le dit bien une sagesse, le destin a beau être semé d’embuches, il finit toujours par se matérialiser de la meilleure des manières en restaurant joie de vivre, honorabilité et bien évidemment, l’exposition au-devant de la scène, comme c’est inéluctablement le cas pour la première dame du Burundi. En somme, il s’agit d’une invite à davantage de détermination dans l’optique de poursuivre le rêve de tout burundais et même au-delà, pour s’affirmer dans un environnement aussi hostile soit-il.

 Car si la guerre induit une forte incertitude du lendemain, il ne fait point de doute que la fin heureuse de celle-ci, charrie des espoirs multiformes t singulièrement celle de porter haut toute une nation. Aussi peut-on comprendre que ce message fort ait été édité par L’Harmattan, en versions française et anglaise, afin de toucher le plus grand lectorat possible.

 Ousmane Talbot

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