Tunisie : la presse privée indésirable au Parlement

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C’est à l’extérieur du parlement que des dizaines de journalistes des médias privés locaux et étrangers ont suivi la session inaugurale de l’Assemblée des représentants du peuple, issue des scrutins contestés de décembre et janvier, lundi à Tunis.

Le syndicat national des journalistes tunisiens a dénoncé une atteinte inédite à la liberté de la presse dans le pays.

 » Ce qui est arrivé aujourd’hui ne s’est jamais produit en 11 ans. Les médias nationaux et internationaux ont été empêchés de couvrir la session inaugurale du nouveau parlement. Malheureusement, il s’agit d’une nouvelle tentative de contrôle pour maintenir dans le flou, d’une atteinte à la liberté de la presse et au droit d’accès à l’information, ainsi qu’à la liberté du travail journalistique. », tempête Amira Mohamed, journaliste à FM Mosaïque, vice-présidente du syndicat national des journalistes tunisiens.

C’est donc loin des caméras de la presse privée locale et internationale que le parlement tunisien a repris du service après 20 mois de passage à vide. Signe de la méfiance des autorités envers ces organes. Une attitude injustifiée selon le syndicat des journalistes tunisien.

Le nouveau Parlement a été élu sur la base d’une nouvelle Constitution que le président Kais Saied a fait adopter par référendum le 25 juillet 2022, un an après s’être arrogé les pleins pouvoir en suspendant l’ancienne assemblée avant de la dissoudre et en limogeant le gouvernement.

La Constitution a instauré un système hyper-présidentialiste et pratiquement réduit à néant les compétences du Parlement, qui était le véritable centre du pouvoir dans le système en place après la chute de la dictature de Zine El Abidine Ben Ali à l’issue de la première révolte du Printemps arabe en 2011.

Le nouveau Parlement compte 161 députés mais 154 sièges seulement ont été pourvus à ce stade. Il compte 25 femmes seulement.

Africanews