TCHAD : AMOLLAH TOUA ROBERT GOLBEY : «Mon ambition c’est d’être candidat à la prochaine élection présidentielle»

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La fin de la période de la transition au Tchad qui pointe déjà à l’horizon nourrit de nombreuses convoitises, dont celle du président national du Mouvement pour l’égalité et le rassemblement des citoyens (MERCI), qui ne cache pas son ambition de succéder au défunt Maréchal du Tchad, Idriss DEBY ITNO. Entretien.

Monsieur le président, est-ce que vous pouvez présenter votre parti qui s’appelle bien MERCI ?

Je tiens d’abord à vous féliciter et à vous encourager dans ce que vous faites pour la Nation africaine.   Le parti MERCI en abrégé et en définition, c’est le Mouvement pour l’égalité et le rassemblement des citoyens. C’est un parti qui est né après les élections de 2016 au Tchad. Il est reconnu par les autorités tchadiennes depuis le 07 février 2017, enregistré sous le N° 439. Notre parti a une idéologie basée sur la sociale démocratie, c’est-à-dire au sein du MERCI, on retrouve ceux qu’on appelle les socio-démocrates. Nous sommes un parti qui une vision de discussion, une vision de concertation, une vision de négociation pour aboutir à une décision pour le bien-être social.

Monsieur le président, dites-nous pour quelle raison avez-vous créé ce parti ?

Tout parti qui est né, c’est d’abord pour apporter une solution dans la vie politique, dans la vie sociale d’un peuple et pour accéder au pouvoir. C’est cela la raison d’être d’un parti politique. La raison principale de l’avènement du MERCI dans la scène sociopolitique tchadienne, c’est que, aujourd’hui, tous les partis dans notre pays sont dirigés par des personnes d’un certain âge, qui partent déjà en retraite, des personnes qui n’ont pas la philosophie d’alternance, d’amener les jeunes aux affaires avec une nouvelle vision pour améliorer la politique africaine en général et la politique du Tchad en particulier.

Fort de ce qui précède, moi je suis un jeune qui veut s’exprimer sur un sujet. Cela n’est pas donné à une personne lambda de se lever le matin et s’exprimer, dire son point de vue et apporter pour ainsi dire une plus-value au sein de la société. Il est simplement donné de constater que plusieurs partis convergent vers leurs propres intérêts. Sous ce rapport, on a décidé, il y a quelques années, de mettre sur pied un parti d’avenir, un parti de jeunes, un parti qui aspire vraiment à un changement en douceur, c’est-à-dire un changement qui n’est pas basé sur la violence. C’est cela qui m’a amené à créer le parti MERCI à la veille des élections de 2016, où nous avons activement pris part, mais dans un autre cadre.

On vous a vu aux côtés du MPS il n’y a pas longtemps. Qu’est ce qui vous motive à nouer une alliance avec cette formation politique ?

C’est vrai, le MPS est arrivé au pouvoir en chassant la dictature depuis 1990. Il a instauré ce qu’on appelle la démocratie, à la façon tchadienne. Donc, cette démocratie, au fur et à mesure, nous voulons un peu l’améliorer. Il est bon d’apporter des critiques à un ami et de revenir à l’opposition. Moi j’ai jugé qu’il est bon de venir auprès du MPS et de lui proposer notre soutien, mais à condition que ce parti accepte d’améliorer les conditions de vie de la population. Ce n’est qu’à ce prix que le MPS a pu bénéficier de notre expertise, de notre soutien. Voilà ce qui explique le rapprochement du MERCI avec le MPS.

Par ailleurs, il n’est pas vain de souligner qu’à un moment donné, le Tchad était tout simplement un îlot d’insécurité tous azimuts. On s’est dit qu’on ne pouvait soutenir le MPS vu qu’il y a une effervescence tout autour du Tchad. Au Soudan, il y a une certaine ébullition, en Lybie, la situation sociopolitique reste assez précaire, et même dans le Sahara, le terrorisme dicte sa loi. Aussi avons-nous pensé qu’avec l’expérience du Maréchal du Tchad, Idriss DEBY ITNO, paix à son âme, il pouvait améliorer encore la sécurité du Tchad et celle des pays voisins, améliorer aussi substantiellement les conditions de vie des populations et participer à la gouvernance avec le MPS.

Voilà de manière ramassée la raison de notre rapprochement d’avec le MPS, la justification de notre soutien au candidat du consensus, lequel fait partie du parti nommé MPS. C’est pourquoi il était nécessaire qu’on puisse signer l’alliance avec le parti qui l’a investi pour être candidat en 2021.

Quelles sont vos ambitions pour les échéances à venir ?

Mon ambition, c’est d’être candidat à la présidentielle. Il faut aller dans cette optique, celle d’être candidat, un jeune candidat légal, reconnu par un président légal…Nous partons pour nous positionner dans le cadre des échéances électorales à venir.

Dans votre agenda, vous allez faire une descente au Cameroun. Avez-vous prévu une rencontre avec les partis politiques dans ce pays ?

Un bon leader d’un parti politique qui est sérieux, même s’il va dans un village, il est nécessaire pour lui de chercher qui a l’esprit d’un leader dans ce coin. C’est pourquoi il est important pour moi veut me rendre au Cameroun, un grand pays qui regorge des leaders de poids et de taille à l’image de Cabral LIBII, pourquoi ne pas s’approcher de lui et lui expliquer ma vision des choses. Il y a aussi Maurice KAMTO dont nous avons beaucoup parcouru les ouvrages, un leader qui est reconnu partout, même qui a un poids certain au Cameroun. Comme jeune africain, on est obligé de côtoyer tous ces leaders qui pèsent d’un poids certain dans leur pays et aussi côtoyer le parti au pouvoir au Cameroun, le RDPC…C’est vrai que ma taille ne me permet pas de rencontrer le président BIYA, mais tout au moins, je compte rencontrer les têtes couronnées et les figures de proue du parti au pouvoir au Cameroun afin de partager l’expérience avec ces derniers.

Là-bas, nous ne faisons pas de grande différence entre parti au pouvoir et parti de l’opposition. Nous considérons les partis politiques camerounais comme ceux qui ont une idée d’apporter la vie sociale pour le peuple camerounais avec lequel nous avons beaucoup de choses en partage : le territoire, culture et l’économie, entre autres. Donc, il faut être en contact ces leaders camerounais, parce que, un jour, nous allons continuer l’amitié entre nos deux pays et la consolider encore davantage. Il est très nécessaire que les socio-démocrates du parti MERCI n’ignorent pas ça. C’est tout le sens de mon déplacement au Cameroun où vais chercher à rencontrer quelques leaders de la société civile.

Dans mon agenda, je ne vais pas tout simplement dormir à l’hôtel et puis revenir dire que j’étais dans un grand pays comme le Cameroun.

Propos recueillis à Ndjamena par Richard KENMOGNE


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