Cameroun : Choc et émoi au tribunal Militaire de Yaoundé une vidéo de torture de Martinez ZOGO diffusée

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Un palier d’une gravité absolue a été franchi au Tribunal Militaire de Yaoundé. L’émotion et l’horreur ont submergé la salle d’audience lors de la projection des images insoutenables documentant le calvaire de l’animateur d’Amplitude FM, assassiné en janvier 2023.

Le huis clos de l’horreur

L’atmosphère est devenue irrespirable lorsqu’un extrait vidéo montrant la torture de Martinez Zogo a été diffusé devant la cour. Les faits rapportés décrivent une scène d’une cruauté inouïe : un homme brisé, couvert de sang, implorant en vain la pitié de ses tortionnaires alors qu’il subissait les derniers sévices qui allaient conduire à sa mort. Face à ce déchaînement de violence projeté sur écran, l’audience a basculé dans la sidération :

L’assistance, saisie par la brutalité des images, a fondu en sanglots. Diane Zogo, la veuve du journaliste, a été prise d’une crise de larmes avant de perdre connaissance en pleine salle d’audience, illustrant le traumatisme persistant de cette tragédie familiale et nationale. Les avocats de la défense s’étaient fermement opposés en amont à la diffusion de cet élément à charge, redoutant l’impact psychologique et factuel de ces preuves directes.

L’expertise technique qui fragilise les accusés

La diffusion de ces images s’inscrit dans le cadre de la présentation du rapport d’un expert technique. Ce dernier a méthodiquement décortiqué les données technologiques entourant le crime pour établir la matérialité des faits et attribuer les responsabilités. L’expert a présenté des éléments démontrant des connexions étroites et directes entre l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga et le lieutenant-colonel Justin Danwé (alors directeur des opérations de la DGRE). Des relevés et des conversations téléphoniques compromettantes ont été produits à la barre, étayant la thèse d’une coordination de l’opération de répression contre le journaliste.

L’audience a dû être momentanément suspendue en milieu d’après-midi pour permettre aux parties de reprendre leur souffle face à l’intensité dramatique des révélations.

Un tournant décisif pour la justice camerounaise

Après de longs mois enlisés dans des batailles de procédure et des exceptions soulevées par la défense, ce procès hors norme qui implique des hauts gradés des services de renseignement (DGRE) et un puissant magnat des médias entre enfin dans le vif du sujet.

Ces preuves matérielles exposées publiquement placent désormais le tribunal face à ses responsabilités historiques. Pour la société civile et les professionnels des médias, l’enjeu dépasse la mémoire de Martinez Zogo : il s’agit de savoir si l’appareil judiciaire saura punir un crime d’État avec une totale indépendance.

Jean Paul ONANA à yaoundé