Cryptomonnaies : plusieurs régulateurs financiers s’en prennent à la plateforme Binance

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la FCA, l’autorité de régulation des marchés financiers britanniques, a interdit de « toute activité réglementée au Royaume-Uni » la société Binance. C’est le dernier régulateur en date à s’en prendre à la plateforme d’échanges de cryptomonnaies qui fait l’objet depuis plusieurs semaines, d’une enquête de la justice américaine sur des questions de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale. Binance paie probablement la période difficile que traversent les actifs numériques, ces derniers temps.

Binance ne peut plus vendre des options ou contrats à terme au Royaume-Uni

La décision du régulateur britannique prend effet à partir du 30 juin 2021. Selon le communiqué lu par Agence Ecofin, la filiale Binance Markets Limited n’est actuellement pas autorisée à entreprendre des activités réglementées sans le consentement préalablement écrit de la FCA. Aucune autre entité du groupe Binance n’est d’ailleurs titulaire, apprend-on, d’une autorisation, d’un enregistrement ou d’une licence au Royaume-Uni pour mener des activités réglementées au Royaume-Uni.

Le régulateur a mis en garde contre les publicités promettant des rendements élevés sur des investissements dans les actifs crypto ou les produits liés à ces actifs. « Si nous ne réglementons pas les crypto-actifs comme le Bitcoin ou l’Ether, nous réglementons en revanche certains dérivés de crypto-actifs (tels que les contrats à terme, les contrats sur différence et les options) », a déclaré la FCA qui indique que la plupart des entreprises qui vendent des investissements en cryptomonnaies sont interdites d’opérations dans le pays.

En réaction à cette sortie, Binance a indiqué qu’elle prend l’affaire « très au sérieux ». Elle a tenu à préciser que l’avis du régulateur britannique ne concerne pas les cryptomonnaies, mais les options ou contrats à terme.

Dans le collimateur d’autres régulateurs

Binance a indiqué sur twitter que la notification de la FCA n’aura aucun impact sur ses services, et que sa relation avec ses utilisateurs n’a pas changé. Pourtant, difficile de ne pas lier cette sortie du gendarme avec d’autres décisions contre le groupe dans d’autres juridictions.

Au Japon, l’Agence de régulation des services financiers a émis la semaine passée, un avertissement sur le fait que Binance opère des transactions illégales en cryptomonnaies. Le groupe a aussi indiqué dans un communiqué qu’il ne peut plus servir les utilisateurs basés dans la province de l’Ontario au Canada, dans le cadre de « ses efforts continus de conformité ». Fin avril dernier, le régulateur financier allemand a indiqué qu’il soupçonne la filiale Binance Germany d’enfreindre les règles sur les valeurs mobilières en permettant d’échanger des actions d’entreprises sous la forme de jetons d’actions (stock tokens), c’est-à-dire avec des cryptomonnaies, sans publier les prospectus nécessaires (document fournissant au public les renseignements sur l’offre d’investissement).

Par ailleurs, rappelons que le ministère américain de la Justice et l’Internal Revenue Service ont ouvert une nouvelle enquête confidentielle contre Binance. Selon les détails rapportés en mai par Bloomberg, il est notamment question de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale, alors que les autorités américaines craignent que les cryptomonnaies soient utilisées pour dissimuler des transactions illégales, notamment des vols et des trafics de drogue.

Résister tant bien que mal

Binance est l’une des plus importantes plateformes d’échanges de cryptomonnaies. D’après les données de The Block Crypto, elle a enregistré des transactions de l’ordre de 1,3 milliard d’euros au cours du mois de mai 2021. Ainsi, on peut sans se tromper lier ses problèmes avec les régulateurs financiers à la période difficile que traverse le secteur des cryptomonnaies. Comme rapporté précédemment par l’Agence Ecofin, de plus en plus d’Etats dans le monde répriment le Bitcoin et ses pairs, alors qu’ils se lancent parallèlement dans des projets de monnaies numériques de banques centrales.

Le futur donc de Binance sera impacté par l’avenir des cryptomonnaies. Sur ce dernier point, malgré la vague de répressions dont elles font l’objet, les analystes ne sont que peu partagés. Leur popularité aujourd’hui fait qu’il serait difficile de voir les cryptomonnaies disparaître. La mauvaise passe qu’elles traversent actuellement ne serait que passagère.

Louis-Nino Kansoun


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