Hydroélectricité : le Mozambique décale encore le calendrier du projet Mphanda Nkuwa

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Le Mozambique dispose d’un potentiel hydroélectrique parmi les plus importants d’Afrique, mais une grande partie reste inexploitée. Développer ce potentiel est devenu une priorité nationale pour le pays qui a ouvert, fin juillet, le projet hydroélectrique de Mphanda Nkuwa, aux fournisseurs locaux.

Au Mozambique, le barrage de Mphanda Nkuwa ne sera pas opérationnel avant 2034. En effet, le Bureau d’information du gouvernement mozambicain (Gabinfo) a repoussé de deux à trois ans la mise en service de ce futur grand barrage hydroélectrique alors que les planifications précédentes tablaient sur 2031 ou 2032, a rapporté Club of Mozambique mercredi 5 août.

Le gouvernement n’a pas expliqué pourquoi le calendrier est repoussé. Concrètement, selon le nouveau calendrier, les études et préparatifs s’achèveront en 2028. Les travaux de construction démarreront en 2029 pour une première production d’électricité en 2034. Ce glissement s’accompagne d’une révision à la hausse du budget. L’investissement total est désormais estimé entre 6 et 7 milliards de dollars, contre 5 à 5,5 milliards dans les planifications précédentes.

Dans le même communiqué, le gouvernement chiffre les retombées attendues sur la durée de vie du projet. Il projette des revenus publics cumulés d’environ 14 milliards de dollars sous forme de taxes, redevances et dividendes, précise Gabinfo.

La construction du barrage devrait créer entre 6 000 et 7 000 emplois directs. Une fois opérationnel, le projet maintiendra 3 000 postes permanents, dont 95 % occupés par des Mozambicains.

Un projet stratégique dont le financement n’est pas encore bouclé

Ce type de projet prend du temps à financer, les banques et investisseurs privés hésitant à engager des milliards de dollars sans garanties solides. La Banque africaine de développement (BAD) et la Banque mondiale cherchent à leur offrir ces garanties, mais les négociations sont encore en cours, a indiqué l’institution panafricaine en février.

Ces incertitudes financières n’ont pas empêché la constitution du consortium chargé de développer le projet. EDF, TotalEnergies et Hidroeléctrica de Cahora Bassa ont été sélectionnés en mai 2024. Electricidade de Moçambique (EDM) et Hidroeléctrica de Cahora Bassa peuvent chacune prendre jusqu’à 15 % du capital, d’après une autorisation gouvernementale datée du 8 juillet 2025.

L’enjeu de ce projet va bien au-delà du Mozambique. Le pays ambitionne en effet de devenir un exportateur net d’électricité vers ses voisins d’Afrique australe, une région qui manque de 10 000 mégawatts pour couvrir ses besoins, selon la Banque mondiale. Le Mozambique a déjà plus que doublé son taux d’électrification, passé de 31 % en 2018 à 60 % en 2024, et vise l’accès universel d’ici 2030.

Mphanda Nkuwa produira 1 500 mégawatts sur le fleuve Zambèze, dans la province de Tete, à environ 60 kilomètres en aval du barrage de Cahora Bassa. Une ligne de transmission de 1300 kilomètres acheminera cette électricité vers les grandes villes et les pays voisins.

Abdel-Latif Boureima