Gabon : L’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze interpellé à Libreville

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La scène politique gabonaise est en ébullition depuis la soirée du mercredi 15 avril 2026. Alain-Claude Bilie-By-Nze, dernier Premier ministre du régime d’Ali Bongo Ondimba et figure de proue de l’opposition actuelle, a été interpellé à son domicile avant d’être conduit dans les locaux de la Direction Générale des Recherches (DGR).

Selon les premières informations rapportées par son entourage et son parti politique, Ensemble pour le Gabon (EPG), l’interpellation s’est déroulée de manière « brutale » à la sortie de sa résidence. L’ancien chef du gouvernement a passé sa première nuit en garde à vue dans les locaux de la DGR, le bras séculier de la gendarmerie nationale, situés au Camp Roux.

Droit commun ou manœuvre politique ?

Si les autorités judiciaires n’ont pas encore fait de déclaration officielle détaillée, des sources proches du dossier évoquent une affaire de droit commun.

Le dossier remonterait à 2008, concernant une créance impayée liée à l’organisation de la Fête des Cultures. À l’époque, M. Bilie-By-Nze présidait le comité d’organisation.

Pour l’EPG, cette justification est un « écran de fumée ». Le parti dénonce une instrumentalisation de la justice pour faire taire l’ancien candidat à la présidentielle et une voix critique du Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI).

Un climat de tension croissante

Cette arrestation intervient dans un contexte de crispation politique majeure au Gabon :

Ces dernières semaines, l’ancien Premier ministre s’était montré particulièrement virulent contre la réforme du Code de la nationalité et la suspension prolongée des réseaux sociaux.

Depuis la chute d’Ali Bongo en août 2023, Bilie-By-Nze a refusé de rejoindre les instances de la transition, se positionnant comme le leader d’une opposition structurée face au général Brice Clotaire Oligui Nguema.

Le camp de l’ancien Premier ministre exige sa « libération immédiate », qualifiant cette détention d’arbitraire. À Libreville, l’opinion reste divisée entre ceux qui saluent la fin de l’impunité pour les anciens dignitaires et ceux qui craignent un durcissement autoritaire du nouveau régime.

« Cette arrestation est une manœuvre politique grave visant à affaiblir l’opposition et instaurer un climat d’intimidation », a déclaré le porte-parole d’EPG dans un communiqué publié ce matin.

L’évolution de la situation dans les prochaines 48 heures, notamment un éventuel déferrement devant le parquet, sera déterminante pour le gouvernement gabonais.

Babine Nsoa