Porteuse d’espoir pour les populations qui attendent une meilleure gouvernance, mais source d’effroi pour ses adversaires, la confirmation du grand retour de l’UPC, le 20 mai 2026 dans le Nkam, n’a laissé personne indifférent.
Tous ceux qui ont pensé que le réveil de l’Union des Populations du Cameroun, le 4 avril dernier à l’initiative de Daniel Eyango Njong, n’était qu’un sursaut passager en ont eu chacun pour son grade. La forte mobilisation des militants et sympathisants, certains venus de dizaines de kilomètres autour de Yabassi, souvent par des moyens de transport précaires, a démontré que l’UPC était en train de renouer avec une capacité de mobilisation que beaucoup croyaient disparue. Drapés dans les couleurs du parti, ils ont participé avec ferveur à la fête de l’unité nationale, transformant la célébration en une tribune politique inattendue.
L’affluence observée à Yabassi a même dépassé les prévisions du bureau régional de l’UPC du Nkam. Les polos apprêtés pour les militants et sympathisants se sont rapidement révélés insuffisants. Plusieurs personnes venues prendre part à la parade officielle sont reparties sans défiler, faute de stock disponible, malgré les longs déplacements effectués depuis différentes localités du département.
Ce détail logistique, en apparence anodin, aura révélé une réalité politique bien plus profonde. Il confirme que l’initiative lancée le 4 avril dernier ne relevait ni d’une opération symbolique ni d’une simple démonstration de circonstance, mais du début d’une véritable remobilisation militante dans le Nkam.
Pour plusieurs observateurs, la présence massive enregistrée lors du défilé traduit la réactivation progressive d’une base politique restée discrète pendant des années, mais visiblement prête à réinvestir l’espace public. Plus marquant encore, cette dynamique semble désormais toucher une partie de la jeunesse locale, dans un contexte où beaucoup expriment leur lassitude face à l’affaiblissement du débat politique et au manque de figures capables d’incarner un véritable engagement militant.
Une remobilisation politique qui rebat les cartes dans le Nkam
Le retour remarqué de l’UPC à Yabassi prend une résonance particulière dans le Nkam dont l’histoire politique reste profondément liée aux grands mouvements nationalistes camerounais. Pendant plusieurs décennies, cette partie du pays a conservé la mémoire des luttes pour l’indépendance, des engagements militants et des tensions politiques qui ont marqué les premières années du Cameroun moderne. Dans ce contexte, revoir l’UPC occuper l’espace public avec une telle visibilité ravive inévitablement des souvenirs et des sensibilités politiques longtemps restés en retrait.
Ce qui restera donc comme la démonstration de force upéciste du 20 mai 2026 semble également avoir surpris plusieurs acteurs politiques locaux. Dans certains milieux, la mobilisation observée à Yabassi est interprétée comme le signe que l’UPC conserve encore une capacité d’influence que beaucoup pensaient définitivement érodée. Après des années d’absence dans les grands rendez-vous politiques du département, le parti historique apparaît de nouveau comme un acteur capable de fédérer au-delà de son ancien noyau militant.
L’un des faits les plus marquants reste d’ailleurs l’intérêt visible d’une partie de la jeunesse pour cette réapparition politique. Dans un contexte où le désenchantement vis-à-vis des formations classiques devient de plus en plus perceptible, des jeunes nkamois semblent voir dans le retour de l’UPC une alternative porteuse d’identité politique et de mémoire historique.
L’un des faits les plus marquants reste d’ailleurs l’intérêt visible d’une partie de la jeunesse pour cette réapparition politique. Dans un contexte où le désenchantement vis-à-vis des formations classiques devient de plus en plus perceptible, de nombreux jeunes du Nkam semblent voir dans le retour de l’UPC une alternative capable de porter un avenir différent, loin de la galère sociale, du fatalisme ambiant et du sentiment d’abandon qui gagne progressivement une partie de la jeunesse.
C’est le sens de la déclaration du jeune upéciste, Ekiti Beke Louis, de Banya : « franchement, personne ne s’attendait pas à une telle mobilisation. Moi-même, j’ai été surpris par l’ampleur de ce que nous avons fait aujourd’hui. Ça fait chaud au cœur de voir l’UPC revivre dans le Nkam. Pour nous les jeunes, cela donne le sentiment que quelque chose de nouveau peut enfin commencer pour Yabassi et pour tout le département. »
Babine Nsoa à Yabassi















