Sommet USA-Afrique : Enjeux et perspectives

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Les Etats-Unis accueilleront, les 05 et 06 août prochains, un sommet qui réunira une cinquante de chefs d’états africains, ce qui traduit « un vrai Barack-Obama intérêt » de Washington pour l’Afrique dont les performances économiques sont indéniables en ce 21e siècle.

Si d’emblée, il s’agit pour les Etats-Unis de bénéficier au premier chef des heureuses perspectives des économies africaines, cela traduit par ailleurs l’intérêt grandissant de la première puissance mondiale pour le continent à l’effet de développer davantage de partenariats avec le continent. Et fort de ce véritable postulat, il y a lieu de croire qu’au- delà des enjeux géostratégiques ou encore de la théorie du complot qui viserait à sécuriser un certain nombre d’intérêts comme on a pu l’entendre par le passé, il s’agit en réalité de faire face à l’offensive des pays émergents tels le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine qui semblent avoir jeté leur dévolu sur le marché africain. Une réalité assortie de la menace en filigrane de l’Iran, qui tous ont supplanté depuis peu les Etats-Unis sur le continent. Ce d’autant plus que ce dernier pays accuse un retard certain sur les premiers cités. A titre d’illustration, la Chine c’est 100 milliards sur le plan commercial, en moins de dix ans, avec deux partenaires principaux qui sont le Nigeria et l’Algérie. Et quand on connaît le prisme américain notamment sur l’Afrique occidentale, le Nigeria et l’Algérie sont deux partenaires principaux. Par conséquent, il y a vraiment une volonté de suivre de près ce qui se passe au niveau de la Chine et au niveau des intérêts commerciaux, mais également militaires avec le déploiement d’un certain nombre de soldats au sein de la Minusma dans l’intervention au Mali.

Entrer de plain-pied dans le carré francophone

Devenu conséquemment un continent fréquentable, les Etats-Unis ne veulent aucunement se mettre en marge, tant il est constant qu’ils ont préalablement une relation à construire plus particulièrement avec l’Afrique francophone. Il est en ainsi de se rapprocher des pays francophones où la France et l’Europe se sont jusqu’ici positionnées à l’avant-garde ne leur concédant qu’une part congrue dans cette partie du continent. Certes, les mêmes Etats-Unis restent plus regardants sur les questions des droits de l’homme et de la démocratie, mais la realpolitiks aidant, il s’agit plus que jamais d’engager une relation décomplexée vis-à-vis de l’Afrique dont les populations ont été déçues du premier mandat de Barack Obama marqué par une seule visite au Ghana. Surtout que depuis peu, l’Afrique, est incontournable dans les relations internationales et elle l’est aussi dans les relations extérieures des Etats-Unis. Toutefois, quelques précisions ont été apportées concernant le sommet Etats-Unis-Afrique qui se tiendra dans la capitale américaine les 5 et 6 août prochains. Il réunira une cinquantaine de chefs d’Etat. Lors d’un point de presse électronique avec des journalistes africains, la vice-secrétaire d’Etat américaine en charge de l’Afrique, Linda Thomas Greenfield, a donné des détails sur la philosophie du sommet. Elle a aussi rappelé sans détours que certaines politiques émanant de dirigeants africains froissaient beaucoup Washington.

Favoriser les échanges

A Washington, Barack Obama souhaite échanger au maximum avec ses hôtes. Aussi voudrait-il se garder de concéder quelque priorité à quelque chef d’Etat que ce soit, tant il est établi qu’à l’occasion il n’aura aucune réunion bilatérale lors du sommet.

Dès lors, on comprend aisément que l’option ait été à des concertations autour de trois thématiques majeures auxquelles participera personnellement Barack Obama. N’empêche qu’en dépit de cette volonté d’élargir au mieux les partenariats avec le continent, certains états africains continuent d’être bannis par les Etats-Unis, notamment le Zimbabwe, le Soudan et l’Erythrée dont les chefs d’Etat n’ont pas été invités au sommet. De même, la position américaine sur les révisions constitutionnelles pour permettre à un président sortant de briguer un mandat supplémentaire, n’a pas varié d’un iota depuis les déclarations de John Kerry à Kinshasa en mai.

C’est dans cette optique qu’on se sera gardé de détailler davantage les thèmes de gouvernance, de sécurité, et des futures générations qui y seront abordés. Mieux, la subsistance de lois et pratiques discriminatoires dans plusieurs pays d’Afrique vis-à-vis des communautés homosexuelles s’assimilent pour les Etats-Unis comme des restrictions à la liberté que dont devront se départir conséquemment le Cameroun et l’Ouganda.

Et en prélude au sommet en lui-même, il est organisé un forum autour d’entrepreneurs américains et africains, alors que le mardi 4, des rencontres seront organisées autour de la société civile, sur la lutte contre le changement climatique la sécurité alimentaire ou la lutte contre le trafic d’espèces protégées.

C’est donc dire qu’au-delà des enjeux strictement socioéconomiques, les Etats-Unis entendent plus que jamais accompagner le continent dans sa quête de mieux-être, non sans que celui-ci s’engage à préserver la biodiversité, garante de la survie de tous.

                                                                                                      Fidèle PENDA PENDA

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