Cameroun : vers le démantèlement du réseau Marafa

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marafaDu temps où il officiait secrétaire ministre d’Etat secrétaire général de la présidence avec haute main sur les services sécuritaires du pays, Marafa aurait réuni de nombreux documents compromettant sur une foule des barons du Renouveau. Des archives donc l’existence avérée ou irréelle donne des insomnies à de nombreux dignitaires de la nation.

Marafa Hamidou Yaya est sorti du gouvernement dans la soirée du vendredi 9 décembre 2011, après dix-neuf années passées sans discontinuité au sein de l’équipe gouvernementale. Depuis lors, pour l’ex-ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation (Minatd) a commencé une période de tribulation dont le dénouement sera son incarcération le lundi 16 avril 2012 après une brève rencontre avec le procureur. Depuis ses lieux de détention respectifs, Kondengui puis le Secrétariat d’Etat à la défense, Marafa Hamidou Yaya défraie de temps en temps la chronique avec des lettres ouvertes au président de la république. La dernière en date qui continue à faire couler beaucoup d’encre et de salive, datant du lendemain du drame ferroviaire d’Eséka, vers la fin du mois d’octobre 2016. Dans ces lettres qui sont très prisée par les populations, celui qui a été condamné pour complicité intellectuelle avec Yves Michel Fotso, met à nu les travers du Renouveau. Même sa condamnation à 25 ans de prison ferme n’a pas réussi à éteindre sa verve.

Au vu de cette absence insolente de réserve chez ce haut commis de l’Etat voire d’insolence tout court dans le ton employé pour s’adresser au chef de l’Etat et non, moins chef de sa formation politique, les observateurs se demandent s’interrogent sur le maintien de ce illustre natif de Garoua au  sein Bureau politique du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc). Certes M. Marafa est sorti du gouvernement au lendemain du 3e congrès ordinaire du Rdpc de 2011, mais si le patron du Rdpc voulait l’expulser de son Bureau politique, il l’aurait fait depuis. On se rappelle qu’au lendemain des désordres ayant été constatés dans le parti au pouvoir lors du déroulement des élections législatives et municipales du 30 septembre 2013, une commission chargée de traquer les fauteurs de désordres à été mise sur pied sous la conduite de  l’ex premier ministre Peter Mafany Musonge. Et à la suite du rapport final de cette structure, les coupables ont été vigoureusement sanctionnés et certains ont même été exclus du Rdpc. Et pourtant Marafa Hamidou Yaya qui trouble trop souvent le sommeil de « Nnom Ngii » continue de « parader » au Bureau politique du Rdpc.

Des sources généralement crédibles indiquent que le maintien de ce ngatta-man (prisonnier) trop bavard au Bureau politique du parti au pouvoir au Cameroun résulte au moins des conseils de certains proches du Chef de l’Etat. Ces derniers redoutant que leur camarade de parti ne se lâche pour de bon et commence à les laminer à travers la publication de leurs petits secrets dans les médias, estiment judicieux le maintien en l’état du dernier cordon (l’appartenance au même parti) qui lie encore Marafa aux dignitaires concernés.

Mais, dans le même temps, de nombreuses enquêtes minutieuses, souvent fébriles sont menées à travers la république pour découvrir les cachettes secrètes de M. Marafa et pouvoir détruire tous les documents compromettants qu’il détient et qui, de leur point de vue sont une des principales sources de «son culot monumental». Dans cette quête, les membres de sa famille naturelle (foulbé) et de sa belle famille (Sawa) et des amis connus sont épiés constamment par des éléments de la sécurité à l’effet de détecter le gardien de ces document sinon l’agent courrier de Marafa qui assure la liaison avec ses amis à l’intérieur et/ou à l’extérieur des frontières nationale.

A un moment donné, l’on faisait cas, entre autre, d’une certaine Sakina Ibrahima, un membre du clan Marafa qui était très active dans le dernier carré des proches de M. Marafa. Une certaine opinion laissait entendre qu’elle était une courroie importante du dispositif Marafa dans sa marche vers le pouvoir. Vrai ou faux, toujours est-il que du jour au lendemain, elle a disparu du trafic local. Il y a quelque temps, elle a fait une brève réapparition avant de disparaître à nouveau. Ce cas est pour le moins désespérant parce qu’il s’agit ici de Mlle Sakina Ibrahima fille de M.Ibrahima demi frère de Marafa Hamidou Yaya de la famille YAYA. Cette filiation particulière semble mettre le colonel Joël Emile Bamkoui dans une colère noire. Ce d’autant qu’il faut le rappeler, ce colonel a reçu des instructions fermes du président de la république afin que les actions de Marafa soient stériles.il est certain que si cette dernière tombe entre les mains de ce colonel réputé violent et sans contrôle, les jours de Mlle Sakina Ibrahima seront comptés en terme de jours.

Comme Sakina parente de l’ancien homme fort de Garoua, de nombreux camerounais sont soupçonnés à tort ou à raison d’être des rouages du dispositif secret de Marafa. On peut citer le cas très connue du notaire Me Abdoulaye Harissou. Des individus que les équipes des renseignements  commises à leur recherche ne désespèrent pas de dénicher rapidement et par la même occasion mettre la main sur ces documents qui donnent des sueurs froides à certains, et d’une manière plus générale, «fermer la gueule» de l’ancien dignitaire en disgrâce Marafa.

Il va de la tranquillité de nombreux dignitaires du pays encore en odeur de sainteté.

Cedric Pokam

Affaire à suivre.