L’Ebola soigné en Occident…pas en Afrique

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1280x720-r1QSur le continent noir, de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer une certaine discrimination face aux traitements apportés aux malades atteints par le virus de l’Ebola selon qu’ils sont africains ou occidentaux. Alors qu’à ce jour, l’épidémie a déjà fait un peu plus de 4000 victimes en Afrique occidentale.

Même, la thèse de l’incurabilité du virus de l’Ebola ne convainc plus personne ou du moins une bonne majorité des populations. Et pour cause, les nombreux cas de guérisons de malades occidentaux infectés par le virus sèment le doute dans les esprits et créent l’incompréhension.

Les exemples sont légion. N’est-ce pas que deux missionnaires américains infectés au Libéria sont définitivement guéris après avoir été soignés chez eux aux Etats-Unis ? A Berlin en Allemagne, un scientifique sénégalais travaillant pour l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) infecté par le virus en Sierra Leone n’a-t-il pas été guéri ? Toujours en Allemagne, à Francfort, un Ougandais travaillant pour une Ong italienne, infecté également en Sierra Leone n’a-t-il pas eu la vie sauve grâce à un traitement sous sérum expérimental ? Très récemment, une infirmière française contaminée par le virus Ebola au Liberia n’a-t-elle pas été soignée à l’hôpital Bégin de Saint-Mandé (Val-de-Marne) ? Comme dans les cas précédents, cette dernière a reçu des traitementsexpérimentaux.

Comme on peut le constater, tous ces malades infectés par le virus ont tous retrouvés la santé après avoir été traité dans des hôpitaux hors du continent. Face à toutes ces guérisons «miraculeuses », n’y a-t-il pas des raisons de croire qu’il existe déjà un remède même si l’OMS soutient le contraire ?

Dans les pays de l’Afrique de l’Ouest où la pandémie décime les populations les plus vulnérables, le moins qu’on puisse dire c’est que le message de l’OMS est désormais brouillé. «Il n’existe pas de vaccin, ni pour l’homme ni pour les animaux. Plusieurs vaccins en sont au stade des essais, mais aucun n’est disponible pour un usage clinique» précise l’Organisation onusienne. Ce message est malheureusement perçu comme un slogan.

Tout naturellement, des questions légitimes se posent. Comment expliquer que la maladie soit traitée et soignée en Occident et non en Afrique ? Si telle est de considérer que la recherche est effectivement au point-mort comme le dit l’OMS pourquoi les traitements expérimentaux sont utilisés ailleurs et non en Guinée, au Libéria ou encore en Sierra Leone ? Autant d’interrogations qui méritent d’avoir des réponses claires pour éclairer la lanterne des Africains les plus sceptiques qui ne croient plus en rien

Cette disparité entre l’Afrique et les pays occidentaux fait malheureusement naître un sentiment d’injustice qui peut déboucher sur des violences inattendue comme ce fut le cas du lynchage d’une délégation guinéenne par une population villageoise en colère.

Ce sentiment d’injustice participe à enfler les rumeurs de toute sorte. Nombreux sont ceux qui croient mordicus à la thèse d’un complot d’épuration raciale visant le continent noir voire d’une «guerre bactériologique » ou « bioterrorisme » déclenchée contre l’Afrique dans un but purement mercantiliste.

C’est un secret de polichinelle, n’est-ce pas que le business fleurissant qui se développe derrière la pandémie rapporte gros à l’industrie pharmaceutique et aux ONG qui pullulent sur le continent ? Il est évident que  » les croque-morts » qui tirent profit de ce commerce macabre honteux n’ont pas intérêt à ce que le virus de l’Ebola soit éradiqué.
Encore une fois, le malheur de l’Afrique fait le bonheur des autres.

Clément Yao

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