M. Anis Mbazaia DG Soroubat – Tchad:« Ça vaut le coût de travailler ici au Tchad, que ce soit pour servir le Tchad lui-même ou les pays voisins »

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Soroubat Tchad est une succursale du groupe Soroubat anis-mbazaiainternational,  créé en Tunisie il y plus de 40 ans. Au fil des années, ce groupe s’est hissé au premier rang des entreprises tunisiennes, dans le domaine des bâtiments et travaux publics. Fort de l’expérience acquise sur la scène nationale, le groupe Soroubat a développé une véritable stratégie qui vise à promouvoir ses activités hors des frontières de la Tunisie, comme c’est le cas au Tchad aujourd’hui. Rien d’étonnant, car selon son DG, cette société a les moyens de sa politique. Découverte.

Monsieur le Directeur général, que faut-il entendre par Soroubat Tchad ?

Soroubat Tchad est une succursale du groupe Soroubat international, créé en Tunisie il y a plus de 40 ans. C’est une société spécialisée dans le secteur des travaux publics et, plus précisément, dans l’infrastructure routière et les ouvrages d’art. Soroubat Tchad vient à peine d’être créée ici, cela fait plus d’une année et demie. SOROUBAT a été adjudicataire pour l’exécution des travaux de construction de la route Massakory-Ngouri sur un linéaire d’à peu près 85 kilomètres, la route de contournement du Lac Tchad par le Nord et qui fait partie de l’axe routier de la transsaharienne reliant six pays africain entre eux, à savoir : le Tchad, le Niger, le Nigéria, le Mali, l’Algérie et la Tunisie.

Le projet a pour objet l’aménagement et le bitumage de cette route, avec une largeur de 7m en béton bitumineux et des accotements de 1,5m de part et d’autre en monocouche. Les travaux à réaliser comportent essentiellement les  terrassements, la construction du corps de chaussée en sol ciment (couche de fondation) et graves concassées (couche de base) et la réalisation de 132 ouvrages. Le montant du projet alloué aux travaux est de l’ordre de 50 milliards F Cfa, financé à 96% par la Banque islamique de développement (BID) et 4% par l’Etat tchadien. Nous avons commencé les travaux selon un ordre de service qui court à partir du 18 septembre 2015, et la durée d’exécution des travaux est de 36 mois.

Soroubat s’est investi ici avec un matériel totalement neuf pour environ 10 milliards de F Cfa. L’entreprise a fait venir un grand nombre d’expatriés et  cadres tunisiens. Nous avons aussi fait recours à des cadres et ingénieurs tchadiens. C’est ainsi que le nombre de personnels sur le chantier est de l’ordre de 425, dont environ une quarantaine d’expatriés. Une grande unité de concassage d’une capacité de 250t/h a été installée à Ngoura.

Les travaux sont en cours d’exécution, et on est aujourd’hui aux alentours de 20% d’avancement physique des travaux pour un délai contractuel de 36 mois. Notre premier objectif est de faire la moitié de la route d’ici mars 2017, soit un linéaire de 40 kilomètres de la route, qui sera revêtue en béton bitumineux, et vers mars 2018, notre ambition est d’achever le projet, c’est-à-dire six mois avant la fin contractuel du projet.

Quelques réalisations déjà à votre actif ?

Soroubat Tchad est une succursale du groupe Soroubat international  créé en Tunisie, il y a plus de 40 ans. Au fil des années, ce groupe s’est hissé au premier rang des entreprises tunisiennes, dans le domaine des bâtiments et travaux publics.

Fort de l’expérience acquise sur la scène nationale et conscient des enjeux de la mondialisation, le groupe Soroubat a réussi à développer une véritable stratégie qui vise à promouvoir ses activités hors des frontières de la Tunisie et ce depuis l’année 2001. C’est ainsi qu’on le retrouve dans plusieurs pays de la région, à savoir : l’Algérie, la Libye, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Togo, le Benin, le Tchad et récemment, on a arraché  un projet au Cameroun.

Rien qu’en Côte d’Ivoire, installé depuis 2007 et ayant réalisé entre autre une autoroute de 150 Kms, Soroubat  compte actuellement cinq sociétés avec un montage similaire à celui du groupe en Tunisie dans la promotion immobilière, le préfabriqué, le béton, l’exploitation des carrières et même l’agriculture.

Au Burkina Faso, Soroubat a réalisé un important projet financé par les Américains et qui consistait à la construction de 150 Kms de route s’étendant jusqu’à la frontière avec le Mali et reliant Ouagadougou à ce pays. Grace à ce projet, Soroubat  a été élue par les Américains première société au Burkina Faso.

Soroubat est une entreprise qui prospère et s’étend à l’international  grâce à la persévérance et à une planification méticuleuse de son président fondateur, M. Noureddine Hachicha qui a fait un travail de fourmi, tout en veillant aux moindres détails pour que son entreprise soit à la hauteur de ses espoirs. D’ailleurs, ce dernier a été choisi récemment Manager de l’année 2015 en Tunisie.

Soroubat est aujourd’hui bien installé en Afrique de l’ouest. Alors, notre stratégie est d’acquérir d’autres marchés sur le continent africain

Est-ce que vous pouvez nous parler de ce qui a amené votre groupe à investir au Tchad ?

Soroubat a commencé à investir en Afrique de l’ouest. Il a commencé par la Côte d’Ivoire. De la Côte-d’Ivoire, il a gagné le Benin, le Burkina Faso et le Togo. En Afrique centrale, on pense que le Tchad sera la plaque tournante. C’est dans ce sens qu’on a commencé par le marché du Tchad, sachant que les prospections des marchés dans ce pays datent depuis 2003. Ensuite, le Cameroun qui est très important, parce qu’on sait qu’entre ce pays et le Tchad, il y a un grand flux de transport et un échange commercial important.

On pense aussi qu’à partir du Tchad, Soroubat peut se déployer au Niger et en Rca. Pour nous, c’est primordial. Pour tous les projets en Afrique, Soroubat apporte toujours la logistique nécessaire, à savoir du matériel neuf et des compétences tunisiennes. On crée carrément des entreprises. Et ce n’est pas juste d’exécuter un seul projet et s’arrêter là. Non. Nous au Tchad, on est en train de faire une bonne structure ici et un noyau solide qui va desservir  par la suite d’autres projets. Parce qu’on ne va pas s’arrêter seulement au projet de la transsaharienne.

On sait bien qu’il y a plusieurs projets au Tchad. Le Tchad aussi, c’est une terre fertile, et on pense qu’il y a trop à faire ici. Ça vaut le coût de travailler ici au Tchad, que ce soit pour servir le Tchad lui-même ou les pays voisins.

Monsieur le Directeur général, vous avez sûrement trouvé d’autres entreprises sur le terrain. Alors, qu’est-ce qui fait la particularité de Soroubat au point que l’on vous choisisse, au lieu de vos concurrents plus anciens dans le pays ?

Nous savons tous que pour les marchés, il y a une réglementation publique qui va de la publication des appels d’offres à l’adjudication du marché, en passant par le processus de dépouillement des offres. Nous étudions bien le marché, le prix et ce après des visites de prospections sur le site réalisées par nos experts. Ensuite, nous proposons des offres compétitives. De deux, nous sommes des Africains, et l’Afrique est notre continent, où nous sommes chez nous. Et ça, c’est un atout très important. Il y a la mondialisation, le monde est ouvert. On le sait, mais on pense aussi que sur cette  terre d’Afrique, on est plus prioritaire.

Plus nous pensons que la Tunisie et le Tchad sont liés, la distance n’est pas longue et on peut se rapprocher et créer par effet d’entrainement entre les deux pays des parrainages. Ceci est très important ; ça aide à renforcer les liens entre les deux peuples frères et amis, tchadien et tunisien. Je pense qu’on peut donc se trouver dans de bonnes conditions pour arracher des marchés, sur le plan socioéconomique. Et sur le plan technique, on pense aussi que Soroubat est une entreprise qui est bien calée, bien solide, qui a acquis une solide expérience. On a les cadres, on a les moyens et le matériel nécessaires pour réaliser des travaux dans de très bonnes conditions, avec la qualité requise,  conformément aux spécifications du marché et dans les plus brefs délais. Ça, on pense vraiment qu’on est capable de le faire. Parce que, nous l’avions dit plus haut, Soroubat est une entreprise qui a plus de quarante ans d’expérience.

Vous dites que le groupe Soroubat, c’est quarante ans d’exercice. En dehors du BTP, quel autre service  offrez-vous au Tchad ?

Monsieur Nourredine Hachicha, le fondateur du groupe Soroubat, a eu une grande vision à moyen et surtout à long terme. La société non seulement s’est investie dans le bâtiment et travaux publics, mais aussi dans le domaine de la promotion immobilière et l’agriculture. Et c’est dans ce sens-là qu’en Tunisie même, le groupe Soroubat compte sept entreprises, notamment la société des transports Set, Best Béton pour la production du béton, l’exploitation des carrières. Il y a également la Foncière tunisienne, l’immobilière du sud. Ce sont là des noms des sociétés de promotion immobilière. A ceci, il faut ajouter Sotam et Epi, des sociétés qui sont spécialisées dans le domaine de l’agriculture. Le même montage a été installé en côte d’ivoire, en occurrence l’exploitation des carrières où Soroubat est devenue parmi les plus grandes entreprises d’exploitation de carrière en Afrique.

Donc, la société s’est investie dans ce domaine. On pense sérieusement qu’au-delà de la construction des routes et des ponts, mais aussi de l’exploitation des carrières, de la promotion immobilière, de l’agriculture, Soroubat peut faire de grandes choses.

                        Entretien avec Richard KENMOGNE