Le marché des voitures hybrides cherche son modèle économique

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Les ventes de modèles hybrides sont en AP-kia-cross-gt1progression de 65 % en France et de 34,6 % en Europe. Dominé par Toyota, le marché offre peu de possibilités aux autres constructeurs.

L’hybride commencerait-t-il à sortir de l’anonymat en France et en Europe ? A première vue, cette technologie, qui associe un moteur thermique (essence ou diesel), avec un moteur électrique et une batterie, monte en puissance. Sur l’année 2013, l’hybride aura été le segment le plus dynamique d’un marché auto en crise. De janvier à octobre, 166.000 véhicules dotés de cette motorisation se sont vendus en Europe selon le cabinet JATO Dynamics, un chiffre en hausse de 34,6 % par rapport à l’année précédente. En France, la progression est même de 65 %, pour plus de 42.000 unités écoulées sur les onze premiers mois de l’année.

Ces volumes restent faibles comparé au marché dans son ensemble. Mais leur part progresse petit à petit. En Europe, les ventes de modèles hybrides ont représenté 1,4 % du marché contre 1 % l’année dernière. En France, le segment pèse déjà 2,6 % du marché sur les onze premiers mois, contre 1,46 % des ventes en 2012. « Il y a une nette accélération des ventes depuis le début d’année», juge Gareth ­Hession, de JATO Dynamics. La technologie profite de ses avantages structurels : une faible consommation, un cadre fiscal toujours avantageux – les bonus peuvent aller jusqu’à 3.300 euros – et un coût de possession qui séduit les flottes automobiles. Au final, elle s’impose face au 100 % électrique, puisque les volumes de ventes d’hybride sont cinq fois supérieur.

Mais la réalité du marché est plus nuancée. Selon les statistiques de Jato, Toyota capte à lui seul 65 % des ventes des modèles hybrides en Europe, tandis que PSA, avec sa technologie diesel s’en arroge 13 %. «En dehors de ces deux acteurs, la concurrence est encore faible », indique Clément Dupont-Roc, analyste énergie du BIPE. Pionnier de l’hybride qu’il a lancé en 1999, Toyota vend déjà 28 % de ses modèles via cette technologie en Europe (hors Russie), et en a écoulé plus de 5 millions dans le monde. Grâce à cet effet volume, le constructeur propose ces modèles à des prix difficiles à suivre pour la concurrence. Ainsi une Yaris hybride affiche un prix catalogue de 18.900 euros, dont on déduit un bonus de 1.650 euros, ce qui la place en dessous de la Yaris diesel de même finition, et dans les mêmes eaux que les 208 ou Clio Diesel. «Toyota fait de l’hybride un axe fort de conquête, quitte à être à peine rentable sur la technologie», juge un analyste.

Le pari sur l’hybride rechargeable

Difficile dans ces conditions de s’insérer sur le marché. Si PSA a joué la carte de l’innovation avec l’hybride diesel et l’Hybrid Air, les autres constructeurs parient sur l’amélioration de la consommation des moteurs thermiques et explorent en parallèle une autre technologie, l’hybride rechargeable, qui permet de charger la batterie sur une prise électrique et de se déplacer en 100 % électrique sur les trajets urbains. Un segment sur lequel se positionnent les marques premium allemandes (BMW X5, Mercedes Classe S500) et sur lesquelles les généralistes travaillent aussi. Volkswagen travaille ainsi sur une Golf rechargeable qui pourrait sortir fin 2014, tandis que Renault devrait aussi bientôt montrer un concept et que Ford va lancer l’année prochaine un C-Max plug-In. Reste là encore à trouver le bon modèle économique au vu du coût de la technologie.

Maxime Amiot

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