Guinée: une délégation du gouvernement rencontre le chef de l’opposition

0
250

Une délégation du gouvernement guinéen a rencontré dimanche le Guinéen Kchef de l’opposition, l’ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo, à la veille de la reprise des manifestations de l’opposition pour exiger l’annulation du calendrier électoral contesté.

Cette rencontre entre le pouvoir et l’opposition, la première depuis près d’un an et demi, intervient peu après les funérailles d’un des partisans de l’opposition tués la semaine dernière, en présence de quelque 2.000 personnes, dont M. Diallo.

Selon un communiqué du gouvernement, la délégation, conduite par le ministre de la Justice, Cheick Sako, chargé du dialogue avec l’opposition, a « effectué ce dimanche une visite de relance du dialogue au domicile » de M. Diallo.

Ce dernier a confirmé la rencontre à l’AFP, précisant avoir dit qu’il était « hors de question de suspendre les manifestations » sans garantie d’application d’un accord de 2013 prévoyant la tenue des élections locales avant la présidentielle.

« La démarche visait à réitérer à l’opposition la ferme volonté du gouvernement de renouer le dialogue, seule voie permettant d’aboutir à un climat politique apaisé et à des élections inclusives », indique le communiqué.

Outre M. Sako, le secrétaire général de la présidence, Naby Youssouf Kiridi Bangoura, et les ministres des droits de l’Homme et des libertés publiques, Kalifa Gassama Diaby, et de l’Administration du Territoire, Boureima Condé, ont « assuré l’opposition de la possibilité d’évoquer tous les sujets et toutes les préoccupations liées aux différents scrutins ».

« La délégation a souhaité que l’opposition accepte que les points jusque-là soulevés comme préalables ne constituent pas un obstacle à l’ouverture des discussions et qu’ils fassent l’objet d’une analyse dès l’entame du dialogue », a précisé le gouvernement, en référence à l’exigence d’une annulation du calendrier électoral, se disant « optimiste sur la suite des échanges ».

« Je leur ai demandé d’annuler le calendrier de la Céni (Commission électorale nationale indépendante) jusqu’à l’issue du dialogue. Faute de quoi, il est hors de question d’aller à un dialogue qui n’a pas de sens », déclaré Cellou Dalein Diallo, chef de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), principal parti d’opposition.

L’opposition a appelé à marcher lundi sur le siège de la Ceni pour exiger qu’elle revienne sur « l’inversion du calendrier électoral », après le report du scrutin local à mars 2016, soit après la présidentielle fixée à octobre 2015.

Elle dit craindre que les exécutifs communaux provisoires désignés par le pouvoir, faute de scrutin à cet échelon depuis 2005, ne favorisent des fraudes massives à la présidentielle.

Lors d’une visite cette semaine à Washington, le président Alpha Condé a balayé ces soupçons, assurant que ces instances « ne jouent aucun rôle actuellement au niveau de l’organisation des élections ».

Les heurts entre protestataires et forces de l’ordre les 13 et 14 avril à Conakry ont fait « trois morts et une cinquantaine de blessés dont au moins douze par balle et près de cent interpellations », selon l’opposition. Le gouvernement a fourni un bilan de deux morts et d’une dizaine de blessés.

Lors des obsèques d’un manifestant dimanche après-midi, M. Diallo a estimé à « 59 » le nombre de partisans de l’opposition depuis quatre ans sous Alpha Condé, élu en 2010, « tous tués par balle », selon lui.

Les funérailles du jeune partisan de l’opposition, Thierno Souleymane Bah, né en 1985, se sont déroulées sous la surveillance discrète des forces de l’ordre, qui sont restées à bord de leurs véhicules sans intervenir.

                                                                                         AFP