Burundi/RDC : des jeunes de plus en plus violés

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enfant-afrique-pleureLes jeunes sont les plus grandes victimes des violences sexuelles au Burundi et en RDC, estime Paluku Nzotsi, expert congolais travaillant pour le compte de Management for Developpement Foundation (MDF, maison de consultance internationale basée aux Pays-Bas) en Afrique centrale.

En marge de la restitution des résultats d’un sondage d’opinion réalisé en août 2014 par le projet « Biraturaba », exécuté par l’ONG internationale Care International auprès d’un échantillon de 38. 710 jeunes burundais sur la santé sexuelle et reproductive des jeunes, M. Nzotsia a affirmé mardi dans une interview à Xinhua qu’ au Burundi, les violences sexuelles touchent surtout les jeunes.

« Nous sommes presqu’à 56% des jeunes burundais qui ont dû subir une des formes de violences. Celles-ci peuvent revêtir un aspect psychologique, économique et sexuel. Aussi, une autre étude que nous avons menée en juin dernier au Sud-Kivu (Est de la RDC), a montré que 60% des jeunes locaux avaient déclaré avoir déjà subi des violences sexuelles« , a-t-il précisé.

Pour lui, ce résultat n’est pas surprenant, étant donné que les données disponibles dans les centres de traitement sanitaire au Burundi montrent que 86% des victimes des violences sexuelles soignées, sont des jeunes de moins de 24 ans.
« Cela montre à suffisance que les jeunes sont les plus grosses victimes des violences sexuelles parce que les adultes censés les protéger, se comportent souvent à leur égard comme auteurs ou bourreaux« , a-t-il commenté.

Selon l’expert congolais, cette situation est favorisée par le fait que les personnes censées protéger les jeunes comme les domestiques, les membres de la famille proche ou les voisins sont les principaux auteurs de ces violences.
M. Nzotsi a révélé par ailleurs que les statistiques montrent que les corps en uniformes viennent en tête du palmarès de ces violences au Burundi.

« Si nous analysons les déclarations des personnes victimes des violences sexuelles qui ont été soignés dans les centres de traitement au niveau des quatre provinces burundaises ayant fait objet de sondage, je dirais qu’environ 28% des hommes en uniformes (militaires) en sont les auteurs. Certes, cette proportion est très élevée, mais elle est suivie aussi par une autre toute aussi importante, à savoir 23% des voisins qui sont considérés comme des auteurs potentiels« .

Pour M. Nzotsi, même si les militaires doivent être impliqués au premier plan dans la réduction de cette problématique liée aux violences sexuelles, les autres personnes civiles sont interpellées pour pouvoir éradiquer ce fléau.

D’après M. Nzotsi, en ce qui concerne l’implication de la justice militaire pour enrayer ce phénomène, les progrès marqués par la RDC au cours des deux dernières décennies, pourraient servir de bonne leçon.

En effet, a-t-il expliqué, en RDC, au cours des années 1990, la proportion des auteurs des violences sexuelles en uniformes oscillait autour de 30%, mais elle est tombée aujourd’hui à 15%, selon les estimations.

Au Sud-Kivu notamment, a-t-il noté, on est parvenu à de tels résultats grâce à l’implication et la formation de la justice militaire auxquelles il sied d’ajouter l’existence d’une brigade spéciale de police qui lutte en permanence contre de telles violences.

Toutefois pour le Burundi, a-t-il fait remarquer, des défis immenses persistent encore dans la mesure où ce sondage réalisé en août dernier dans les quatre provinces précitées, a révélé que la moyenne d’âge des victimes des violences sexuelles est de 15 ans.

« L’inacceptable est d’avoir constaté qu’il y avait des enfants de moins de 5 ans au rang desquels des victimes de sexe féminin, mais aussi des victimes de sexe masculin« , a-t-il fait remarquer.

Le sondage montre que plus les jeunes sont en bas âge, plus ils sont vulnérables dans la mesure où ils sont dépourvus de force pour se défendre contre d’éventuels agresseurs, a-t-il ajouté.

Xinhua.