Diplomatie Territoriale : L’Iric et Chevilly-Larue posent les jalons d’un axe Paris-Yaoundé inédit

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Une séquence diplomatique majeure s’est jouée, dans la matinée du mardi 26 mai 2026, dans un bureau feutré de l’Hôtel de Ville de la Mairie de Chevilly-Larue.

Dans le cadre de sa mission officielle en France, le directeur de l’Institut des relations internationales du Cameroun (Iric), Daniel Urbain Ndongo, a été reçu pour une séance de travail de près de deux heures par Hermine Rigaud, Maire-adjointe chargée de l’action sociale, des solidarités et des politiques en faveur des personnes âgées. Accompagné du Dr Samuel Nguembock, enseignant-chercheur à l’Iric, le haut responsable camerounais a jeté les bases d’un partenariat public innovant, au carrefour de la formation d’excellence et de la décentralisation.

Derrière le calme résidentiel de cette Commune de la petite couronne parisienne, située à seulement 7 kilomètres au sud de la capitale, se cache un poids lourd économique. Forte d’un peu plus de 20 000 habitants, Chevilly-Larue dispose d’un budget global supérieur à 50 millions d’euros. Une surface financière remarquable héritée de sa position stratégique.

Par ailleurs, la ville abrite le marché international de Rungis, officiellement reconnu comme le plus grand marché de produits frais au monde. Véritable poumon logistique de l’Île-de-France, ce géant s’étend sur 232 hectares (dont 72,7 hectares couverts et 47 hectares de bâtiments commerciaux) et interconnecte les flux routiers, ferroviaires et aériens via l’aéroport d’Orly voisin. L’arrivée récente du métro 14 et du Tramway T7, apporte un plus à la ville.

Mais le lien entre Chevilly-Larue et le Cameroun ne date pas d’hier ; il revêt également une dimension spirituelle et historique : la Commune accueille le séminaire de retraite des anciens prêtres et évêques français ayant exercé leur ministère en terre camerounaise. Les figures cléricales telles que les pères Pierre Bonneau, Gabriel Boulanger, Roger Mille, Henri Graffin et beaucoup d’autres, y ont coulés pour la plupart, des jours paisibles, avant la fin de leurs jours, incarnant une mémoire vivante des relations bilatérales.

L’Iric : 54 ans d’excellence au service de la gouvernance globale

Face à ce panorama, Daniel Urbain Ndongo a exposé le rayonnement de l’institution qu’il dirige. Créé par décret présidentiel, le 24 avril 1971, l’Iric célèbre plus d’un demi-siècle au cœur de la fabrique des élites africaines. Il a réaffirmé la vocation matricielle de l’Institut : former les cadres de haut niveau de la diplomatie camerounaise, les technocrates des grandes organisations internationales (Onu, Union africaine, Cémac, Commonwealth), ainsi que les managers du secteur privé international.

En guise de témoignage de cette riche histoire, il a remis à la maire-adjointe un exemplaire du magazine du cinquantenaire de l’Iric, édité en 2021. « L’objectif est de co-construire une passerelle « gagnant-gagnant » entre la théorie de la diplomatie multilatérale et la pratique de terrain de la gouvernance locale », a-t-on souligné lors des échanges.

En somme, il s’agit d’un projet de coopération d’autant plus fluide que l’élue francilienne, Hermine Rigaud, affiche un profil de juriste, formatrice et consultante internationale de haut vol.

Le double ancrage d’Hermine Rigaud : de la chefferie Menouet au Sénat français

La réunion a basculé des formalités républicaines vers une séquence d’une vive émotion lorsque Hermine Rigaud a partagé son histoire personnelle. Installée en France depuis plus de cinquante ans, l’élue est native du département du Nyong-et-Kellé (Région du Centre, Cameroun) au Cameroun, et porte le prestigieux titre de Reine de la chefferie Menouet à Foto, dans l’arrondissement de Dschang (Région de l’Ouest-Cameroun). Une dualité culturelle qui nourrit un parcours politique d’une rare longévité : réélue le 15 mars dernier pour un cinquième mandat municipal consécutif (le quatrième en qualité de maire-adjointe), elle s’est engagée pour une nouvelle mandature de six ans.

Forte de cette légitimité transcontinentale, Mme Rigaud a immédiatement ouvert les portes de la haute sphère parlementaire française à l’Iric. Elle a officiellement proposé d’inviter le directeur Daniel Urbain Ndongo comme grand témoin et intervenant lors de la prochaine Journée d’échanges France-Cameroun, programmée pour mars 2027 au Sénat, au cœur du Palais du Luxembourg à Paris.

Cet événement annuel de premier plan est co-organisé par le Groupe interparlementaire France-Afrique centrale du Sénat et l’Association des élus en France d’origine ou de nationalité Camerounaise (Efracam). Rendez-vous diplomatique très prisé, il réunit chaque année les ambassadeurs des deux pays, des parlementaires, ainsi que de hautes personnalités internationales.

En sa qualité de membre du bureau d’Efracam, Hermine Rigaud a rappelé la crédibilité de ce réseau fort d’une soixantaine d’élus locaux français, dont l’influence et le sérieux rayonnent activement entre la France, l’Europe et le Cameroun.

Cap sur la formalisation

Pour l’Iric, cette escale dans le Val-de-Marne (94) marque un tournant pragmatique. Elle arrime la formation académique des futurs diplomates aux réalités concrètes de la décentralisation et du développement territorial. Les deux parties se sont séparées sur une promesse de travail soutenu : les échanges techniques se poursuivront au cours des prochaines semaines, afin de formaliser juridiquement les axes de cette future coopération bilatérale.

De notre correspondant à Paris,

CHEF ABY