Trafic aérien en Afrique : un retour complet aux niveaux de 2019 n’est pas attendu avant la fin 2023

0
79

Selon l’IATA, les volumes de trafic aérien de 2019 en Afrique ne reviendront pas avant 3 ans. D’ici la fin 2020, le continent enregistrera seulement 45 millions de voyageurs. 4 transporteurs africains ont déjà suspendu leurs opérations tandis que 2 autres se sont mis en redressement judiciaire.

Les perspectives de relance du transport aérien en Afrique s’assombrissent au fil des jours. L’Association internationale du transport aérien (IATA), dans sa mise à jour du 21 octobre, estime qu’un retour complet aux niveaux de trafic de 2019 n’est pas attendu avant la fin de 2023. En 2021, la demande devrait se renforcer à 45% des niveaux de 2019 pour atteindre près de 70 millions de voyageurs sur les vols à l’intérieur du continent.

Selon les constats de l’IATA, les réservations au 4e trimestre montrent que la reprise continue de faiblir. « Alors que les voyages intérieurs reprennent à travers l’Afrique à mesure que les pays rouvrent leurs frontières, les voyages internationaux restent fortement limités, car les principaux marchés, y compris l’Union européenne (UE), restent fermés aux citoyens des pays africains. Actuellement, les résidents de seulement deux pays africains – le Rwanda et la Tunisie – sont autorisés à entrer aux frontières de l’UE. »

Les risques de faillite s’accentuent

Quatre compagnies aériennes à travers l’Afrique ont cessé leurs activités en raison de l’impact de la Covid-19, deux sont sous administration volontaire, et beaucoup d’autres sont en grave détresse financière, fait remarquer l’organisation. « Sans aide financière urgente, davantage de transporteurs ainsi que leurs employés sont menacés, tout comme l’industrie africaine du transport aérien, dans son ensemble, qui soutient 7,7 millions d’emplois sur le continent. »

Les gouvernements du Rwanda, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso ont promis un total de 311 millions USD en soutien financier direct au transport aérien. Un montant supplémentaire de 30 milliards USD a été promis par certains gouvernements, organismes financiers internationaux et autres institutions, notamment la Banque africaine de développement, la Banque africaine d’import-export, l’Union africaine et le Fonds monétaire international (FMI) pour le transport aérien et le tourisme. Cependant, la plupart de ces secours ne sont pas encore parvenus à ceux qui en ont besoin.

« Des centaines de milliers d’emplois dans les compagnies aériennes sont menacés en cas de défaillance systémique de l’aviation africaine. Et ce n’est pas seulement dans l’aviation, mais dans tous les secteurs qui dépendent d’une connectivité mondiale efficace », avertit Muhammad Albakri, le vice-président régional de l’IATA pour l’Afrique et le Moyen-Orient.

« Une aide financière indispensable a été promise, mais peu de choses se sont concrétisées. La situation est critique. Les gouvernements et les organisations donatrices doivent agir rapidement, sinon le défi passera du soutien à une industrie en grave détresse à la résurrection de la faillite. »

Romuald Ngueyap/Ecofin