JULES TCHATO. ‘‘44 BÉBÉS ONT VU LE JOUR GRÂCE AU PLAN MONIQUE’

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Jules Tchato. Le président de l’association [les enfants Monique] à but non lucratif établie entre plusieurs jeunes camerounais de la diaspora dont l’intérêt commun vise à œuvrer pour le bien-être humain, justifie le but et les objectifs de cette association créée en 2016.

 

voici où s’est déroulé le drame Monique Koumatekel..

Vous vous en souvenez peut-être du samedi 12 mars 2016. Une jeune femme enceinte de jumeaux, âgée de 31 ans, Alvine Monique Koumatekel, qui avait été refoulée de l’hôpital Laquintinie de Douala, par un médecin ayant constaté son décès. Cette mère d’enfant qui était sur le point d’accoucher, sa sœur avait pensé sauver les enfants en lui ouvrant le ventre à l’aide d’une lame, à même le sol. Mais, les enfants étaient déjà morts. Après son décès atroce à l’entrée des urgences dudit hôpital, Jules Tchato et ses paires, résident à l’étranger, ont décidé de mettre sur pied une association à but non lucratif, intitulée ‘‘ Les enfants Monique- les fous de cœur’’, pour voler au secours des personnes vulnérables. Joint par téléphone le 20 septembre 2019 par le reporter, le président de cette ligue dont l’avenir est prometteur, a pris le soin de répondre aux questions liées à la fondation de leur association.

Quel est le but de votre fondation sur le plan humanitaire ?

Le but de notre association est de remettre dans notre société quatre grands principes. A savoir : la dignité humaine (chaque être humain doit être traité avec dignité et humanisme), le repère moral (parce que tout ce qui est moralement inacceptable doit être condamné. On ne peut pas brûler un voleur dans la rue, on ne peut pas tirer sur les bébés dans le dos de leurs mères et on peut également pas tirer sur un homme et lui dire lève-toi et marche), les actions citoyennes (ce que l’état n’arrive pas à faire, le peuple doit s’organiser autour des actions citoyennes pour le faire) et le bon cœur (parce que l’homme véritable n’existe que dans le mesure où, il est la solution pour son prochain). Cette association a été créée après le drame de Monique Koumatékel. Et dont le but est de commémorer sa mort afin qu’on s’en souvient d’elle.

voici les enfants de Monique!!! l’indignation était profonde. l ‘horreur était à son summun

Dans notre pays, on ne commémore jamais rien. Venir en aide aux femmes enceintes en difficultés financières. Pour qu’un drame comme pour Monique ne se reproduise plus jamais. Nous pensons que la dignité humaine d’un peuple commence avant sa naissance. Si les noirs veulent se faire respecter, il faudrait déjà qu’ils respectent la femme qui donne la vie. Soutenir les enfants sorties du circuit scolaire. Parce que  l’avenir d’une nation repose sur l’éducation et sa jeunesse. Nous voulons que l’éducation et l’accouchement soient pris en charge par les caisses de l’état.

Cette association vise-t-elle un intérêt particulier ?

Oui. L’intérêt particulier que nous recherchons est de retrouver la dignité du peuple noir. Afin qu’il retrouve sa dignité et sa place dans le monde. Malcom X a dit un jour que : le jour où l’homme noir respectera l’homme noir, plus personne ne marchera sur l’homme noir. On vend les noirs en esclavage au Koweït et en Lybie. Ils sont méprisés partout dans le monde. S’ils sont méprisés partout dans le monde c’est parce que, chez-eux même, la vie humaine n’a aucune valeur.

voici Monique et ses autres enfants, rayonnante de vie !!!

Les gens peuvent mourir au Cameroun et cela ne dit rien à personne. Nous voulons retrouver la dignité du peuple noir. L’Homme au centre de toutes les préoccupations dans notre société. Respecter un homme en tant que être humain, sans regarder son statut social, son niveau intellectuel et son niveau financier.

Comme vous le dites, est-ce que cette association a déjà volé au secours des personnes en détresses ? Si oui où et comment ?

Nous sommes déjà venus au secours de plusieurs personnes en détresses. Nous avons été créées le 11 juillet 2016, et nous nous sommes dit que les paroles s’envolent, les écrits restent et les actes demeurent. Nous avons donc commencé à poser des actions. En 2016, nous avons inscrit quatre enfants à l’école. C’est-à-dire que, nous avons inscrit les trois enfants de la défunte Monique à l’école. Et depuis la mort de leurs mamans jusqu’à nos jour, nous prenons en charge la totalité de leur frais de scolarisation.

Partout dans le monde ; le drame de Monique a bouleversé les gens

Nous avons également mis sur pied un plan Monique, qui est un protocole de suivi, d’accompagnement et de prise en charge gratuite de toutes les femmes enceintes en difficultés financières. A ce jour, ce plan a déjà pris en charge  51 femmes. 43 bébés ont vu le jour grâce au plan Monique. Nous avons acheté des billets d’avions à certaines filles qui étaient en esclavage au Koweït. Ibrahim Belo, ce jeune de 17 ans,  qui avait été torturé par la police et ses deux jambes ont été amputées, nous lui venons en aide de temps en temps. De 2016 à 2019, nous avons inscrit 36 enfants à l’école.

Cette association a-t-elle un siège social au Cameroun ?

Nous n’avons pas encore de siège au Cameroun. Nous l’espérons l’avoir bientôt. Pour l’instant, nous avons juste des personnes relais à Douala et à Yaoundé. Ces personnes se chargent d’accomplir toutes les tâches que nous l’aient confions.

Le corps sans vie de Monique

Est-ce que vous bénéficiez d’un appui financier de la part de l’état du Cameroun ?

Nous ne bénéficions d’aucun appui de la part de l’état du Cameroun. Encore moins de quelques états que ce soit. Donc, nous tenons à rappeler que, l’association est financée uniquement par les cotisations mensuelles des membres et par quelques donateurs. Nous n’avons jamais bénéficié d’une subvention d’un état. D’ailleurs, nous n’avons jamais demandé de subvention, ni de l’état du Cameroun, ni d’un autre état, ni d’une autre structure. C’est sont les membres de l’association qui sont au nombre d’une trentaine et qui résident dans six pays différents, qui financent tous les mois pour mener à bien ces actions au quotidien.

 Propos recueillis  par Cédric Kengne