Rwanda-Maroc : vers une coopération judiciaire

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Les députés rwandais ont voté, ce 24 juin, pour l’approbation de deux lois sur l’entraide judiciaire en matière pénale et la ratification du traité d’extradition entre le Rwanda et le royaume du Maroc. Cette avancée marque un nouveau tournant dans la ratification de l’accord de coopération bilatérale signé au mois de mars dernier entre les deux pays.

Selon Solina Nyirahabimana, ministre rwandaise de la Justice, citée par les médias locaux, cet accord va contribuer au suivi des suspects du génocide et autres fugitifs rwandais qui pourraient courir au Maroc. Elle ajoute qu’il vise également à renforcer la coopération bilatérale entre les deux pays : « Les suspects du Rwanda seront extradés du Maroc avec facilité et vice-versa. Cela vient améliorer notre coopération bilatérale ».

S’agissant de l’inquiétude des députés face aux défis financier et sécuritaire des témoins dans le processus de l’extradition, la ministre de la Justice a indiqué que le pays hôte peut demander justice au nom d’un autre pays, cela dans le souci de mettre fin à l’impunité de personnes de double nationalité. « Les coûts sont élevés dans le transport et la logistique, mais pour arrêter un suspect, le coût n’est pas si important par rapport au maintien de la coopération bilatérale existante ».

Depuis l’avènement de Paul Kagame au pouvoir, ce pays s’est inscrit dans la démarche du renforcement de sa coopération judiciaire avec États dont le Canada, l’Allemagne ou encore la Norvège, afin de poursuivre certaines personnalités à double nationalité qui ont participé au génocide de 1994, un évènement historique qui a couté la vie à environ 800 000 Rwandais majoritairement Tutsi, selon le bilan de l’Organisation des Nations Unies.

Pour rappel, en janvier dernier, après un tête-à-tête entre le ministre délégué auprès du ministre marocain des Affaires étrangères, Mohcine Jazouli, et le secrétaire rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, le Maroc et le Rwanda avaient créé un comité de suivi de la mise en œuvre de l’accord de coopération bilatérale signé par les dirigeants de ce deux pays, en octobre 2016, lequel comité a contribué à la signature de cet autre accord sur la coopération judiciaire en mars dernier.

Par

Enock Bulonza

 Afrik.com