RCA: Bangui manque d’eau potable

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L’insécurité dans le pays a coupé les livraisons de chlore, empêchant la société de distribution d’eau, la Sodeca, d’approvisionner les habitants de Bangui en eau potable.

En Centrafrique, la crise politique se transforme en crise humanitaire. Une situation préoccupante qui oblige le CICR et l’Unicef à intervenir pour éviter une pénurie d’eau potable. La raison : l’insécurité dans le pays a coupé les approvisionnements en chlore et la Société de distribution d’eau en Centrafrique a ainsi des difficultés pour fournir de l’eau potable.

La situation est dramatique et cela est visible au premier coup d’oeil. Devant un robinet public, hommes et femmes se bousculent.

« Cela fait une heure que nous attendons et puisque l’eau n’arrive pas au robinet cela crée des tensions », raconte Misclovia Monnaie. « Nous sommes très inquiètes à cause de la rareté du produit de traitement de l’eau. Nous prions pour que le blocus soit levé et que les produits arrivent pour nous permettre d’avoir de l’eau. Même si on n’a pas d’électricité, l’essentiel est que nous ayons de l’eau à la maison. Nous avons des enfants et des travaux ménagers à faire. » 

Conséquences aussi économiques

Cette rareté prive d’emploi les jeunes transporteurs d’eau en pousse-pousse qui passent la nuit au borne fontaine pour faciliter la tâche aux ménages. Selon Dimy Lakouetene, vendeur d’eau, « les clients passent la nuit à la borne fontaine, jusqu’au petit matin. Mais parfois ce n’est pas fructueux. Les bidons peuvent rester et les clients eux, ils rentrent pour revenir plus tard chercher de l’eau. Mais en cette période de saison sèche, c’est bien difficile pour les clients, l’eau n’arrive pas à temps et sans pression ».

Manque de chlore

Face à cette situation, Christophe Privat Belandombi, le directeur de la Sodeca estime que « la question qui se pose avec acuité, c’est l’acheminement des doses de chlore qui se trouvent à Douala ». Il explique, que le CICR pourrait  livrer à la Sodeca un produit permettant de couvrir 60 jours et que l’Unicef a aussi un stock de sécurité, déjà consommé en ce moment. »Nous pouvons donc rassurer la population sur le fait que nous allons continuer à assurer notre rôle régalien en leur fournissant de l’eau potable ».

En attendant, le corridor Bangui Béloko reste bloqué et les tractations sont en cours avec les groupes armées pour une issue au conflit actuel.

Jean Fernand Koena