Présidentielle anticipée aux Comores dans la transparence et la sérénité

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A la suite du gouvernement comorien, plusieurs missions d’observation internationale ont exprimé leur satisfécit en rapport avec le déroulement du premier tour de la présidentielle du 24 mars dernier.

«Les élections se sont déroulées dans une atmosphère paisible, et les Comoriens se sont exprimés librement et d’une manière transparente», dixit le ministre de l’Intérieur, qui se tenait aux côtés du directeur des Elections, Mbaé Toimimou, à l’occasion de la conférence de presse donnée le 27 mars, pour dresser le bilan du premier tour de l’élection présidentielle du 24 mars, couplée à celle des gouverneurs des îles.

Distribution de bons points

Occasion choisie par Mohamed Daoudou pour saluer le travail abattu par l’ensemble des acteurs du processus électoral, notamment les candidats, leurs sympathisants, l’administration comorienne, la Commission électorale, les organisations de la société civiles et la presse qui a été longuement félicitée pour le temps d’antenne et d’espace accordé à tous les candidats quelles que soit leurs obédiences politiques.

Mohamed Daoudou a également félicité les forces de l’ordre qui ont sécurisé l’ensemble du processus électoral et permis le déroulement sans incident majeur du scrutin. Par cette même occasion, il a par ailleurs exprimé les remerciements du gouvernement à la population comorienne, «qui a encore une fois démontré sa maturité politique et permis au double scrutin du dimanche de se dérouler dans la paix et la stabilité».

Poursuivant, le ministre a remercié en outre les observateurs nationaux et internationaux qui ont assisté à ce double scrutin du dimanche 24 mars, et a salué les efforts du gouvernement qui, pour la deuxième fois après le référendum, a réussi à financer des élections avec des fonds propres du contribuable comorien.

La mise en garde

Le ministre des élections a déclaré que les résultats provisoires du premier tour de l’élection présidentielle et des gouverneurs des îles autonomes publiés par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) sont, selon lui, identiques aux résultats obtenus par les techniciens de la Direction générale des élections.

Il a tenu à féliciter le président-candidat, Azali Assoumani, pour sa réélection dès le premier tour, ainsi que le candidat, Anissi Chamssidine, élu gouverneur de Ndzuani dès le 24 mars. Le ministre a saisi l’occasion pour encourager et souhaiter bonne chance aux candidats, Aboudou Soefo et Mouhidine Sitti Farouata, admis au second tour de l’élection du gouverneur de Ngazidja, et Mohamed Saïd Fazul et Saïd Baco Attoumani déclarés admis également pour le second tour de la gubernatoriale à Mwali.

Mohamed Daoudou appelle les candidats qui contestent ces résultats provisoires à le faire dans les voies légales conformément à la législation en vigueur dans le pays. Il les a mis en garde contre toute tentative de menaces à la paix et à la stabilité du pays. «Nous ne tolérerons pas tout débordement», a prévenu le ministre de la Sécurité nationale, appelant la population comorienne à l’apaisement «comme c’était le cas pendant le premier tour de l’élection présidentielle et des gouverneurs des îles».

Mohamed Daoudou a soutenu que ceux qui ont fait appel au saccage des urnes et à la violence lors du double scrutin du 24 mars répondront de leurs actes devant la justice, puisque selon lui, «il est inconcevable que des personnes se permettent de pénétrer dans des bureaux de vote et saccager des urnes».

Satisfécit

Répondant à une question sur les rumeurs de la mise en place d’une présidence de transition et d’un gouvernement d’Union nationale par les douze candidats de l’opposition, le ministre de l’Intérieur a mis en garde contre toute tentative d’une telle «bêtise».

Il poursuivra que «si l’un des douze candidats a une telle idée dans sa tête qu’il la garde entre les quatre murs de son foyer, puisque le gouvernement ne tolèrera pas une telle défiance de l’autorité de l’Etat».

«Je ne penses pas que douze candidats qui n’ont pas réussi à gagner des élections dans la paix et la stabilité, pourront faire face à une telle situation», a-t-il dit.

A la suite du gouvernement comorien, des missions d’observation des élections ont exprimé leur satisfécit à l’issue du scrutin. C’est le cas de la mission d’observation électorale de la Ligue des Etats Arabes (LEA), composée de sept personnes, réparties en quatre équipes, qui a effectué son travail dans 94 bureaux de vote.

Sur les 731 bureaux de vote de l’ensemble du territoire, la mission de la LEA a assisté au dépouillement de 5 bureaux de vote et noté le respect des normes applicables en la matière, non sans se rassurer de l’exactitude du comptage des voix, ainsi que de toutes les dispositions applicables en la matière.

Après la mission conjointe de l’Union Africaine, du COMESA et de l’EAST (Africa Standby Force), les observateurs de la Ligue des Etats arabes dépêchés à Moroni, ont présenté leur rapport sur les élections anticipées du président de l’Union et des gouverneurs des îles, à l’hôtel le Retaj. Devant la presse, le rapport présenté fait état d’une élection qui s’est bien déroulée et dans le calme et la transparence.

Non à la violence

Dans le camp des vainqueurs, on déplore l’appel à la violence de l’opposition et les manœuvres de bas étages tendant à discréditer la sérénité du scrutin du 24 mars dernier. «Ils ont clairement dit à leurs sympathisants de détruire les urnes et ce à deux heures de la fermeture des bureaux de vote. C’est inacceptable, choquant et incivique d’autant que cet appel aurait pu causer une guerre civile.

Ils ont «ensuite tout tenté pour empêcher les résultats d’arriver à bon port sans succès», dénonce Houmed Msaidié, directeur de campagne des candidats de l’AMP, qui donnait sa version des faits au cours d’une sortie médiatique sur la journée électorale et les évènements enregistrés.

Le lendemain, pour ce qui est de la manifestation, «c’est un droit mais ça doit se faire dans le respect de la loi. Heureusement, nous avons des grenades lacrymogènes et elles ont été utilisées pour disperser la foule. Désormais, le maintien de l’ordre se fait sans l’utilisation des balles qu’elles soient en caoutchouc ou réelles». Lors de cette dispersion, «certains acteurs de l’opposition se sont volontairement jetés par terre et, forcément, ils ont des égratignures. Nous remercions le gouvernement pour sa retenue puisqu’il n’y a eu aucun mort ni blessé». Plus tard, Houmed Msaidié reconnaitra un blessé à Mitsamihuli «et c’était un incident puisque c’est un des nôtres», a-t-il précisé.

Richard KENMOGNE