Pamela Badjogo : dénoncer les violences faites aux femmes avec son album « Kaba »

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Son engagement en faveur de la lutte contre les violences conjugales, c’est à travers sa musique que la chanteuse gabonaise Pamela Badjogo l’exprime. Dans son nouvel album « Kaba », elle a consacré un clip à cette cause, une vidéo entièrement tournée en confinement. Dans un contexte de crise sanitaire mondiale, les mesures de confinement ont contribué à l’exacerbation du phénomène.

« Respectez-nous »

C’est sur un titre très explicite que la chanteuse gabonaise Palema Badjogo a décidé de marquer son engagement contre l’oppression des femmes. « Respectez-nous » est l’un des morceaux phares de son nouvel album intitulé « Kaba » dont le clip transmet un puissant message.

Les violences faites aux femmes, puisque c’est de cela qu’il s’agit, représentent le thème central de cette vidéo. Les images ont été tournées en France en mode confinement, dans un total huis clos, dans un contexte actuel de pandémie mondiale. Si de ces images se dégage une bonne humeur qui contraste avec le sujet du clip, il suffit de s’intéresser au contexte du tournage pour en comprendre la quintessence.

« Nous avons tourné la vidéo trois jours seulement avant le confinement en France, alors que nous devions la réaliser en extérieur. Mais nous avons senti poindre l’assignation à domicile. J’ai immédiatement pensé à toutes ces femmes qui allaient se retrouver enfermées avec leur conjoint violent », précise l’artiste.

L’Afropop festive au service d’un grand combat

C’est à travers des pas de danse Azonto et une musique Afropop que l’artiste gabonaise a décidé de transmettre un message puissant dans son clip sorti le 8 mai dernier. Sur les notes festives, on peut entendre « Si Fatoumata se fait taper dans la cuisine à l’heure du dîner, au fond ne l’avait-elle pas mérité ? Le plat du soir était mal cuisiné ».

Pamela Badjogo délivre un véritable manifeste contre les violences faites aux femmes dans le cadre conjugal qui se trouvent considérablement exacerbées dans cette période d’enfermement. Le message transcende d’autant plus qu’il est porté par une chanteuse africaine dans une vidéo tournée en France.

Le phénomène sévit autant en Europe qu’en Afrique. Rien qu’en France, les signalements pour violences conjugales ont été multipliés par 5 depuis le début de confinement. En Afrique, aucun chiffre officiel n’existe sur le phénomène depuis la mise en application des couvre-feux et autres mesures anti-coronavirus, malheureusement.

Avec ce clip, Pamela Badjogo relance à nouveau un débat qui mérite un peu plus d’engagements de la part des gouvernements, en Afrique comme en Europe.