Guerres d’influences pour et contre la candidature du Maroc à la CEDEAO

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A Abuja, Oladapo Fafowora, président national de l’Association des ambassadeurs de carrière à la retraite du Nigeria (ARCAN) a sonné la charge contre le Maroc. L’ancien mais toujours influent diplomate attaque la présidence qui penche pour l’adhésion du Maroc à la CEDEAO. Le Bénin, autre pays du comité de décision voit ses instances unanimes aux côtés de Rabat

« Le gouvernement fédéral a été conseillé mardi de ne pas soutenir la candidature du Maroc à la CEDEAO, car son adhésion proposée n’est pas dans l’intérêt du Nigeria », rapporte le journal nigerian Vanguard.

L’offensive est menée par Oladapo Fafowora, président national de l’Association des ambassadeurs de carrière à la retraite du Nigeria (ARCAN). Il s’exprimait ce mardi lors d’une conférence sur le service extérieur nigerian à Abuja.

La conférence a été organisée par le ministère des Affaires étrangères pour discuter des questions émergentes sur la politique étrangère nigériane. L’ancien diplomate a indiqué que « le Maroc cherchait à entrer dans un marché élargi de la CEDEAO pour ses exportations industrielles dont la plupart viendront de l’UE, en particulier de la France ».

Ancien représentant diplomatique à New York, Fafowora a décrit la demande du Maroc comme « un problème majeur de politique étrangère auquel l’administration Buhari est confrontée »

Il a cependant avoué qu’il y a « des voix puissantes à la présidence, pas le ministère des Affaires étrangères, qui, pour des raisons personnelles, veulent l’adhésion du Maroc », a déclaré le diplomate à la retraite, regrettant que la politique étrangère d’Abuja soit « partagée ».

« Le ministère des Affaires étrangères est présumé avoir la responsabilité principale de conseiller le gouvernement sur notre politique étrangère. Mais comme on le sait maintenant, ce n’est pas toujours le cas. Il y a d’autres acteurs clés dans le système qui ont la capacité d’influencer de manière décisive notre politique étrangère », a-t-il poursuivi, arguant du fait que « la candidature du Maroc n’aura aucun bénéfice pour la CEDEAO ».

LE BÉNIN FAVORABLE À UNE ADHÉSION MAROCAINE

Par ailleurs, l’Assemblée nationale (Parlement) du Bénin est favorable à la demande du Maroc d’intégrer la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a affirmé, lundi à Rabat, son président, Adrien Houngbedji.

« Tout comme le gouvernement (béninois) l’a fait, nous (parlement du Bénin) accueillons de manière favorable la volonté exprimée par le Maroc d’intégrer la CEDEAO », a indiqué Houngbedji dans une déclaration à la presse à l’issue de ses entretiens avec le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita.

« Le Maroc a exprimé une volonté structurée qui prouve que le Royaume a toutes les raisons de vouloir intégrer l’espace CEDEAO », a dit le président du parlement béninois, relevant que le Maroc est « un pays africain et un pays de l’Afrique de l’Ouest qui développe une politique d’investissement en Afrique de l’Ouest ».

« Cette politique mériterait d’être mieux reçue et mieux accompagnée », a estimé Houngbedji.

Selon le président de l’Assemblée nationale du Bénin, pays membre de la CEDEAO, les échanges avec Bourita, ont porté sur « le sujet central » de la volonté exprimée par le Maroc d’adhérer à la CEDEAO.

Ces échanges s’inscrivent dans le cadre de la visite officielle d’une délégation du Parlement béninois à la Chambre des Représentants du Maroc, a-t-il dit.

Ecofin