Ferdinand Lufete parle du rapatriement des ex -rebelles du M23

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Lufete Ferdinand ADRFerdinand Lufete est le représentant en France de l’Alliance pour le Développement et la République (ADR). Il évoque le rapatriement en République démocratique du Congo (RDC) des ex-rebelles du M23 et l’offensive armée contre les rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

Les ex-rebelles du M23 accusent le Coordonnateur du Mécanisme national de suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, François Muamba, de vouloir les faire revenir de force en RDC. Qu’en est-il exactement?
François Muamba a dit exactement ceci: « Reviens au Congo celui qui est Congolais et qui souhaite revenir au Congo ». Les personnes qui ont écouté ou lu cette déclaration peuvent en témoigner. Il réagissait ainsi à une lettre ouverte de l’ex-mouvement M23, accusant le gouvernement congolais de rapatrier de force ses ex-combattants cantonnés au camp militaire de Bihamba, en Ouganda.

Et cette fameuse lettre, adressée au chef du Bureau du Haut Commissariat des droits de l’homme de l’ONU à Kampala, est signée par Bertrand Bisimwa, président de la branche politique de l’ex-M23. Cette accusation est fausse parce que pour être rapatrié, il faut le vouloir, il faut le souhaiter.

Toute allégation du type de rapatriement forcé est fausse. Il s’agit plutôt des manœuvres des ex-responsables de ce mouvement rebelle qui essaient de dissuader leurs troupes de rentrer en RDC; des gens qui essaient de prendre la base des ex-combattants en otage. Le gouvernement congolais a déjoué cela.

L’exécutif congolais voudrait plutôt donner l’occasion aux ex-combattants qui le souhaitent, qui sont Congolais, qui sont amnistiés, et qui souhaitent retourner dans leur pays, de pouvoir le faire sans qu’interfère les personnes sans qualité, puisque la rébellion du M23 s’est auto-dissoute. Bertrand Bisimwa n’a donc plus la responsabilité d’engager l’ex-M23.

Confirmez-vous l’information selon laquelle les premiers 120 ex-M23 ont été rapatriés en RDC?

Oui. Je salue d’ailleurs le début d’un processus auquel les autorités ougandaises ont également contribué à favoriser. Les discussions que François Muamba, qui pilote cette opération en tant que Coordonateur du Mécanisme National de Suivi de l’accord-cadre d’Addis-Abeba, a eu avec les autorités ougandaises au sujet du rapatriement des ex-M23 ont été fructueuses. On a ainsi procédé à la première vague de rapatriement des ex-éléments du M23. 120 avaient pris l’avion le 16 décembre 2014 pour retourner dans leur pays, la RDC. Et cela ne s’arrêtera pas là; ce processus va se poursuivre.

Human Rights Watch réclame que les crimes commis par les ex-rebelles du M23 dans l’Est de la RDC soient jugés. Approuvez-vous sa position?

C’est au gouvernement congolais de décider du sort qu’il entend réserver à ces ex-rebelles. Néanmoins, je comprends la position de Human Rights Watch. N’ayons pas la mémoire courte. Ces ex-rebelles ont combattu l’armée congolaise pendant 19 mois dans la province du Nord-Kivu; ils ont commis de multiples crimes de guerre, notamment des meurtres, des actes de violence sexuelle et le recrutement d’enfants par la force.
Les Déclarations de Nairobi stipulaient clairement que les chefs du M23, responsables de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et d’autres graves violations des droits humains n’auraient droit à aucune amnistie. Les responsables de tels crimes devraient être traduits en justice. J’espère que parmi les rapatriés en RDC ne figurent pas ces gens là , car notre pays ne doit pas protéger ou accorder refuge à des individus présumés responsables de graves violations des droits humains.

Comment réagissez-vous au feu vert donné par le Conseil de sécurité pour une offensive armée contre les rebelles des FDLR?

Vous n’êtes pas sans savoir que l’ONU avait sommé les rebelles hutus Rwandais des FDLR, en action dans l’Est de la RDC, de déposer les armes et de se rendre avant le 2 janvier, mais ne l’ont pas respecté. Il reste encore environ 1200 FDLR qui n’ont pas désarmé.
Ceux-là devront être considérés comme des récalcitrants et devront subir la rigueur militaire. C’est le choix le plus judicieux. Cela entre dans le cadre d’une plus vaste opération d’éradication des groupes armés dans l’Est de notre pays, une région riche en ressources naturelles mais longtemps demeurée instable du fait de nombreux conflits armés.
Il faut bien que cela s’arrête un jour. Ce qui est douloureux, des centaines de milliers de civils risquent, encore une fois, d’être affectés par l’offensive que préparent l’armée congolaise et les Casques bleus de l’ONU contre ces rebelles. C’est dommage!

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