En RCA, les leaders religieux appellent à voter dans la paix

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L’opposition et la majorité ne parviennent pas à s’accorder sur l’organisation du scrutin du 27 décembre. C’est un climat de haine et de violence verbale qui prévaut.

L’Autorité nationale des élections va ouvrir le dépôt des candidatures le 1er novembre alors que dans les quartiers généraux des partis politiques, les discours se durcissent.

Le cardinal Dieudonné Nzapalainga s’est donc associé à une lettre publiée récemment et appelant les différents partis politique au calme afin d’éviter de nouvelles violences :

« Nous avons dans notre lettre demandé à ce qu’il y ait dialogue et consensus pour qu’on puisse aller de manière transparente et apaisée aux élections. Mais l’option prise par le gouvernement et la communauté internationale est différente. Nous n’avons pas les mêmes agendas. Ce qui nous préoccupe et qui nous habite c’est la cohésion, l’unité de ce peuple et nous espérons, nous supplions les uns et les autres de veiller à ce qu’il n’y ait pas encore de zizanie, de division et à ce qu’il n’y ait pas de nouveau des tueries de masse dans ce pays. C’est ce qui me préoccupe, c’est ça mon inquiétude et en même temps, je lance cet appel à tous ceux qui aspirent à des responsabilités pour qu’ils puissent à un moment donné sursoir à leurs intérêts et voir où se trouve l’intérêt national, tendre la perche et collaborer ensemble pour préserver ce qui peut être préservé. Cela veut dire créer l’embryon de cette unité ».

Préoccupé par les risques d’embrasement du pays, l’imam Kobine Layama appelle lui aussi la classe politique à plus de responsabilité pour préserver la paix :

« Je m’adresse à tous les hommes politiques, à tous ceux qui aspirent à être président : ils doivent nous créer les conditions de la paix, qu’il n’y ait pas d’insécurité, ni de division ni de haine ! Qu’ils nous proposent les conditions d’une paix véritable. C’est ce que je conseille à tous les Centrafricains, les politiques et tous ceux qui sont les adhérents de ces politiques. »

Face à cette tension politique croissante, le Haut conseil de la communication a rédigé un code de bonne conduite pour les élections. Mais les difficultés que cette institution rencontre pour faire respecter ce code fait redouter qu’il ne soit pas plus qu’un bout de papier.

C’est pourquoi les autorités religieuses chrétiennes et musulmanes s’efforcent de ramener le calme, à deux mois d’un scrutin présidentiel sous tension.