Côte d’Ivoire : l’opposition appelle à un gouvernement de transition après le 31 octobre

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A une dizaine de jours du scrutin présidentiel en Côte d’Ivoire, l’opposition a appelé ses partisans à intensifier les actions pacifiques de désobéissance civile. Avec désormais un objectif clair : parvenir à une transition politique dans le pays après le 31 octobre.

« Après le 31 octobre 2020, s’il n’y a pas d’élection, les Ivoiriens doivent se donner un gouvernement de transition pour organiser une véritable élection ». C’est ce qu’a déclaré le candidat Pascal Affi N’guessan (photo) au cours d’une conférence de presse des plateformes de l’opposition ivoirienne, ce mercredi 21 octobre 2020 à Abidjan.

Le porte-parole des plateformes de l’opposition a réitéré l’appel à intensifier les actions de désobéissance civile lancée en vue d’empêcher la tenue du scrutin du 31 octobre et d’obtenir la mise en place de conditions nécessaires pour l’organisation d’une véritable élection transparente, crédible et inclusive.

« Je voudrais lancer au nom de la plateforme un appel solennel à nos militants, de rester mobilisés, déterminés, actifs dans la désobéissance civile. Elle doit s’intensifier de façon pacifique de manière à contraindre monsieur Alassane Ouattara à mettre fin au coup d’Etat constitutionnel et électoral qu’il s’apprête à perpétrer », a-t-il insisté.

L’objectif étant selon l’opposition d’obtenir « un président légitime qui sera élu à l’issue d’un scrutin transparent ».

Se félicitant des actions sur le terrain, Affi N’guessan soutient « qu’à ce jour, la désobéissance civile a rendu caduque le processus électoral en cours ».

A une dizaine de jours de l’élection présidentielle, la tension sociopolitique et les violences s’intensifient dans le pays. Selon l’opposition, on dénombre une cinquantaine de morts depuis l’annonce du président sortant de briguer un troisième mandat présidentiel, et l’invalidation d’une quarantaine de candidatures le Conseil constitutionnel.

Des morts que l’opposition attribue à l’action de milices armées proches du pouvoir contre les manifestants. « Le pouvoir répond à notre combat légitime et pacifique par une répression éperdue […] Des milices du régime équipées de machettes et d’armes à feu, kalachnikovs et calibres 12, sont convoyées de manière méthodique et organisée dans des localités ciblées pour semer la mort, la désolation avec la complicité passive des forces de sécurité », a soutenu Affi N’guessan. Et d’ajouter : « face à cette barbarie, le peuple a le droit de résister. Et le peuple doit se donner les moyens de résister ».

Avec une campagne présidentielle particulièrement morne et se déroulant dans une atmosphère délétère, le processus électoral en Côte d’Ivoire est clairement dans l’impasse. Une deuxième mission de diplomatie préventive de la CEDEAO a échoué. Le pouvoir en place et l’opposition campant chacun sur sa position.

Désormais, l’opposition ivoirienne compte sur l’implication directe des Nations unies afin que des négociations soient engagées « dans un cadre de facilitation internationale ».

Borgia Kobri/Ecofin