Cameroun : l’immigration clandestine, on ne cessera jamais d’en parler !

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Dans les pays en développement, où les ressources sont rares, s’y ajoutent une mauvaise prise en charge médicale, une faiblesse ou une absence de revenu, une éducation insuffisante, un logement précaire, un chômage chronique, une déresponsabilisation politique, un environnement dégradé lié à l’insécurité et à la famine, il n’est pas étonnant de voir les jeunes aller à l’aventure, avec tout ce que cela comporte comme risques.

Tenez, on a encore en mémoire le cas de deux adolescents camerounais qui, en date du 28 août dernier, à l’aéroport international de Douala, s’étaient clandestinement introduits dans un appareil de Brussels Airlines, un avion en partance pour l’Europe.

Âgés respectivement de 16 et 17 ans, le coup des deux jeunes garçons, dont l’identité n’avait pas été révélée par la police, avait quand-même pu démontrer les défaillances sécuritaires qui existent à l’aéroport de Douala. Ils avaient trompé la vigilance de la sécurité grâce aux chasubles de l’ADC (Les Aéroports du Cameroun) qu’ils portaient.

C’est pendant l’installation des passagers et le contrôle avant décollage que le personnel navigant avait découvert ces passagers d’un autre genre. Ce qui mettait en lumière, une grosse défaillance dans la sécurité dans nos aéroports. Une enquête a été ouverte pour savoir comment ces adolescents avaient pu se retrouver dans cet avion.

Ainsi, au péril de leur vie, ces jeunes ont tenté de regagner l’Europe. Un Eldorado rêvé, fuyant la misère et les conditions de vie difficiles dans leur pays. Une situation qui interpelle les autorités camerounaises, à qui il revient la responsabilité de mettre en œuvre les mécanismes nécessaires pour que pareille situation ne se produise plus.

D’où l’urgence de mettre en œuvre un jeu complet de politiques et de stratégies permettant de lutter contre la pauvreté sur toute l’étendue du territoire national, de permettre aux ruraux pauvres de participer activement au processus de développement et d’en recueillir les bienfaits.

Au-delà des autorités camerounaises, ce sont tous les gouvernants africains qui sont interpellés, afin qu’ils pensent à construire et généraliser des systèmes de protection sociale. Le Cameroun n’étant que la partie visible de l’iceberg.

Emmanuel Batamag