Ballon d’Or : qui a voté pour qui

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Le Ballon d’Or récompense-t-il objectivement le meilleur joueur de ronaldofootball du monde ? Sur la question, chacun a son avis et en France comme en Allemagne la troisième place de Franck Ribéry, derrière Messi et le lauréat Ronaldo, est vécue par certains comme une injustice.

Le Français, qui a tout gagné en 2013 avec le Bayern de Munich, est arrivé en tête du vote des journalistes. En revanche, chez les capitaines et sélectionneurs, il est devancé par ses deux concurrents. Le critère sportif est-il le seul véritablement pris en compte par les participants au scrutin ? Le détail des votes apporte certains éléments de réponse…

Ribéry Ballon d’Or des journalistes

Si le mode de scrutin n’avait pas changé en 2010, Franck Ribéry aurait été élu Ballon d’Or 2013. Jusqu’en 2009, le classement était en effet établi en fonction du seul vote d’un panel international de journalistes et ces derniers ont voté majoritairement pour lui (11% contre 8% pour Ronaldo et 7% pour Messi). Mais en 2010, le système de notation a changé à la suite d’un accord entre France Football (l’hebdomadaire français à l’origine de ce prix) et la Fifa. Depuis, ce sont donc les 208 sélectionneurs des pays membres de la FIFA, les 208 capitaines de ces mêmes équipes et enfin 208 journalistes qui élisent le Ballon d’Or. Et ça change tout. Car si Ribéry, qui évolue au Bayern, est tout aussi connu en Allemagne qu’en France, ailleurs, notamment en Asie et en Amérique, il fait les frais d’un cruel manque de notoriété, contrairement à ses deux compères portugais et argentin, mondialement connus depuis des années.

Français et Allemands aussi plébiscitent Ribéry

Onze Français participaient au scrutin. Parmi eux, sept ont placé le natif de Boulogne-sur-Mer sur la première marche du podium : Didier Deschamps (sélectionneur de la France), Didier Six (Togo), Sabri Lamouchi (Côte d’Ivoire), Vahid Halilhodzic (Algérie), Gernot Rohr (Niger), Safet Susic. (Bosnie-Herzégovine) et Hugo Lloris (capitaine de l’équipe de France). Ce dernier a même préféré placer Manuel Neuer et Gareth Bale sur le podium avec Franck Ribéry. Peut-être pour ne pas apporter le moindre point à Messi et Ronaldo et ainsi avantager son coéquipier chez les Bleus…  Les autres Français, Paul Le Guen (Oman), Alain Giresse (Sénégal), et Kamel Djabour (Congo), ont également apporté leur soutien à Ribéry, mais sans le placer en tête. Seul Michel Dussuyer (Guinée) n’a pas apporté le moindre point à Ribéry, préférant un trio composé de Ronaldo, Messi et Ibrahimovic.

 En Allemagne, où évolue Ribéry, et en Autriche, où l’on parle la langue de Goethe et où la Bundesliga (championnat allemand) est très suivie, le constat est sans appel : le Ballon d’Or, c’est «Kaiser Franck» (le surnom de Ribéry outre-Rhin). Philip Lahm (capitaine de la Mannschaft et coéquipier de Ribéry à Munich) a évidemment voté pour son partenaire. Même l’Allemand Jürgen Klinsmann, pourtant exilé aux Etats-Unis où il est l’entraîneur national, a voté pour le Français.

Le Pacifique pour Ronaldo, l’Amérique du Sud pour Messi

Dans leurs pays respectifs, Messi et Ronaldo arrivent également, sans surprise, en tête des suffrages. En tant que capitaines de leurs équipes nationales, ils avaient d’ailleurs le droit de participer au vote, mais sans se choisir. Aucun d’eux n’a évidemment apporté le moindre point à ses adversaires. Ainsi, Ronaldo a voté Falcao, Bale, et Özil, tandis que Messi a donné ses voix à ses coéquipiers Iniesta, Xavi et Neymar. Les deux attaquants les plus prolifiques d’Europe se partagent les points en Asie. La star portugaise récolte un maximum de suffrages dans le Pacifique, tandis qu’en Amérique du Sud, c’est Messi qui semble faire l’unanimité.

 Une question d’affinités plus que de performances ?

Selon l’article 3 du règlement du Fifa Ballon d’Or, «les trophées sont attribués pour les performances sur le terrain et pour le comportement d’ensemble, sur le terrain et en dehors». A cet égard, Ronaldo et Messi, respectivement auteurs de 69 et 45 buts en 2013 étaient incontournables. Ribéry, auteur d’une année parfaite où il a tout gagné avec son club, aussi.

Mais ce que ne dit pas le règlement, c’est que de fait, à l’instar du concours de l’Eurovision, la langue, la culture et la sphère d’influence géographique semblent jouer un rôle prépondérant dans la désignation du Ballon d’Or, quels que soient les résultats ou les performances. La notoriété et les affinités aussi. Pour ceux qui en douteraient, Ribéry, Ronaldo et Messi ne sont pas les seuls à arriver en tête des suffrages dans leurs pays respectifs. C’est le cas de Pirlo en Italie, de Falcao en Colombie, d’Özil en Turquie ou encore d’Ibrahimovic, dans les pays scandinaves…

LeParisien.fr

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