Au Burkina Faso, les leçons à tirer du scrutin présidentiel

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À peine les résultats provisoires proclamés que les Burkinabè tirent des leçons du scrutin présidentiel. La CENI a déclaré Roch Kaboré vainqueur dès le premier tour.

Le président Roch Marc Christian Kaboré a été déclaré ce jeudi (26.11.2020), réélu pour un second mandat. Il a été crédité de  57,87% des suffrages d’après la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

Le président sortant devance le candidat du CDP, Eddie Komboïgo qui s’est vu attribuer 15,84% des voix. Le CDP est le parti de l’ex-président Blaise Compaoré, dont le régime fait l’objet d’une nostalgie croissante.

Changement de la cartographie politique

Considéré jusque là comme le chef de l’opposition, Zéphirin Diabré n’arrive qu’en troisième position avec 12,46% des suffrages. La veille du scrutin, celui qui était perçu comme le principal challenger du président Kaboré, et cinq autres candidats ont dénoncé lors d’un point presse à Ouagadougou des fraudes dans l’organisation du double scrutin présidentiel et législatif.

« Il est clair qu’il y a une grande opération orchestrée par le pouvoir en place d’une fraude massive pour légitimer » une victoire au premier tour du président Kaboré, avait notamment déclaré l’opposant, menaçant de ne « pas accepter des résultats entachés d’irrégularités ».

Dès l’annonce de sa réélection, Roch Marc Christian Kaboré a promis une concertation permanente pour « construire un Burkina meilleur », lors d’une intervention au siège de son parti le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) à Ouagadougou.

« C’est vrai, c’est une victoire que nous avons obtenue, il y a de la joie. C’est également une responsabilité qu’on a. Celle d’être le président de tous les Burkinabè sans exception », a affirmé Roch Kaboré.

Les jeunes silencieux

Le représentant du candidat Ambroise Farama, présent à la cérémonie de proclamation des résultats de la présidentielle se dit plutôt déçu du choix des électeurs. Pour Cyprien Namema, « nous n’avons pas senti que cette jeunesse qui il y a quelques années, a mené l’insurrection pour dire qu’elle en avait marre, s’est exprimée dans le vote. Nous avons plutôt vu une jeunesse qui a été soit indifférente, parce qu’elle a boycotté les élections, soit qu’elle a préféré encore suivre ceux-là qui lui promettaient juste des subsides pour quelques jours ».

La seule femme candidate à la présidentielle, Monique Yeli Kam qui a obtenu 0,53% des suffrages des électeurs, affirme accepter les résultats du vote car dit-elle, « en démocratie c’est le meilleur qui gagne. Et aujourd’hui, nous, nous allons tirer leçon de ce score et nous ne sommes pas perdants. Pour une première participation, rien n’a manqué mais nous savons que nous sommes dans une démarche méthodique d’amélioration ».

L’opposition qui a signé « l’accord politique de Ouagadougou » prend acte des résultats et se réserve le droit d’un utiliser les voies légales de recours pour traiter les irrégularités constatées tout en privilégiant la stabilité et la paix.