Les électeurs russes aux urnes pour élire Vladimir Poutine

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Les électeurs votent au cours d’un scrutin dont l’issue ne fait aucun doute. Pour Poutine, l’objectif est d’envoyer un message aussi bien à l’interne qu’à l’Occident.

La Russie, considérée comme une dictature par les critiques les plus opposés à Vladimir Poutine, va organiser, pendant trois jours, une élection présidentielle qui a toutes les caractéristiques d’un scrutin de façade. Le résultat ne fait ainsi aucun doute : Vladimir Poutine, qui dirige le pays depuis 25 ans, s’apprête à remporter un cinquième mandat. Il resterait alors au Kremlin au moins jusqu’en 2030.

La seule figure valable d’opposition, le politicien libéral Boris Nadejdine, a vu sa candidature rejetée. Tandis qu’Alexeï Navalny est décédé en prison il y a un mois : un assassinat selon ses proches, une mort naturelle selon les autorités.

Des candidatures pour de la figuration

Parmi les candidats au scrutin présidentiel, il y a le communiste Nikolaï Kharitonov, 75 ans, et le libéral Vladislav Davankov, 40 ans. Les deux soutiennent l’invasion de l’Ukraine. Selon l’agence de presse Reuters, Nikolaï  Kharitonov et Vladislav Davankov pourraient obtenir chacun entre 4% et 5 % du total des voix.

En dépit du fait que le scrutin présidentiel russe présente toutes les caractéristiques d’une élection truquée, Konstantin Kalachev, analyste politique et ancien conseiller du Kremlin, estime que c’est l’occasion de rappeler l’unité du pays derrière son président.
« Il s’agit de montrer que Poutine, tel un miroir, met en œuvre les politiques en fonction de la demande de la population, démontrant ainsi que le président et la majorité russe sont une entité unifiée, pour dissiper les illusions de l’Occident. »

Alors que le résultat semble acquis, il pourrait s’avérer difficile de persuader les gens d’aller voter. Jeudi, Vladimir Poutine a ainsi demandé aux Russes de faire preuve de patriotisme en allant aux urnes.

Quel sera le taux de participation ?

L’objectif est d’atteindre un taux de participation de 80 %. Quitte à mobiliser, selon des médias indépendants, les employés du secteur public ainsi que leurs parents et amis.
Nikolay Petrov est chercheur associé à l’Institut allemand pour les affaires internationales et de sécurité (SWP).
« C’est une erreur de penser qu’il est plus facile pour les régimes autoritaires d’organiser des élections que pour les démocraties. Il est très important pour le Kremlin, pour Poutine, de démontrer, non pas tant à l’Occident qu’aux citoyens russes et aux élites politiques, qu’il est soutenu par la grande majorité des Russes. Le Kremlin doit montrer de très bons résultats d’un côté, mais de l’autre, il doit éviter les doutes. Il doit éviter les scandales retentissants, afin de ne pas nuire à l’image de Poutine, qui bénéficie du soutien inconditionnel de la quasi-totalité des Russes. »

Même si le seul véritable opposant à Poutine, Boris Nadejdine, n’a pas été autorisé à participer, il est possible qu’il y ait encore des votes de protestation. La veuve du leader de l’opposition russe Alexeï Navalny a appelé ses partisans à se rendre dans les bureaux de vote dimanche 17 mars, à midi, en hommage à son défunt mari.

En 2018, lors du dernier scrutin présidentiel, Vladimir Poutine avait obtenu plus de 76% des suffrages. Le taux de participation avait alors été de 67%.

Dw.com


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