TOGO: L’OPPOSITION « TRÈS SATISFAITE » DU SUIVI DE LA JOURNÉE ‘TOGO-MORT-

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L’opposition togolaise, qui avait appelé la population à cesser toute activité économique en signe de protestation et de recueillement aux victimes des précédentes manifestations, s’est dit « très satisfaite » de voir la capitale très calme vendredi matin.

« Nous sommes très satisfaits, car l’appel à la journée de recueillement et de prières est très largement suivi à Lomé et dans certaines villes du pays », a déclaré à l’AFP Éric Dupuy, responsable à la communication de Cap 2015 (5 partis d’opposition). « Le peuple togolais a en marre, et il a bien compris notre message ».

La plupart des boutiques étaient fermées à Lomé, a rapporté un journaliste de l’AFP, notamment dans le quartier du centre-ville de Deckon, où se réunissent d’habitude les vendeurs de téléphones portables.

Les banques étaient toutefois ouvertes, de même que les bureaux de l’administration publique. La veille, le gouvernement avait demandé à la population à travailler normalement et ne pas céder aux « intimidations » des organisateurs de la « journée dite +Togo Mort+ ».

Le Cap 2015 et le Parti national panafricain (PNP) ont demandé aux Togolais de rendre hommage aux victimes des manifestations du week-end dernier.

Ces manifestations ont fait deux morts à Sokodé, à 300 km au nord de Lomé. 66 personnes ont été arrêtées, selon le ministre de la Justice, Pius Agbetomey.

L’opposition s’est également rassemblée, en appelant à une marche de protestation à Lomé les 30 et 31 août pour exiger des changements constitutionnels, accusant le parti présidentiel de faire traîner des réformes qu’ils réclament depuis 10 ans.

Le gouvernement a annoncé jeudi que les supporteurs du parti présidentiel (Unir) manifesteraient leur soutien dans les rues, au même moment, les 29, 30 et 31 août.

« Il est maintenant temps de faire les réformes politiques, surtout limiter le mandat pour permettre un jour à un autre (que Faure Gnassingbé) de diriger ce pays », a déclaré à l’AFP Maurice Ehouili, conducteur de taxi moto. « Cette fois-ci, nous sommes déterminés à exercer une forte pression sur le pouvoir pour qu’il fasse les réformes. Moi, je suis prêt à marcher tous les jours pour qu’on obtienne ces réformes ».

Le président Gnassingbé a succédé à son père, Gnassingbé Eyadéma – qui a dirigé le Togo d’une main de fer pendant 38 ans – à la présidentielle de 2005 avec l’appui de l’armée, avant d’être réélu en 2010 et en 2015 lors de scrutins très contestés par l’opposition.

L’opposition réclame que la Constitution – modifiée en 2002 – soit révisée, notamment afin d’y réintroduire une limitation des mandats présidentiels à 10 ans au plus.

Elle exige également un mode de scrutin à deux tours, une recomposition de la Cour constitutionnelle et de la Commission électorale.

                                                                      Afp