OMC: Ngozi Okonjo-Iweala, « une femme qualifiée pour le poste de cheffe « 

0
60

La Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala pourrait bien devenir la cheffe de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) après l’annonce du soutien de l’administration Biden à sa candidature.

« Ngozi est l’une des personnes les plus qualifiées pour ce poste…« , c’est ce qu’a récemment déclaré à la DW l’ancien ministre de la planification nationale du Nigéria, Shamsudeen Usman, au sujet de Ngozi Okonjo-Iweala. Tout deux ont en effet été ministres sous le président nigérian Goodluck Jonathan en 2011.
« Qualifiée pour le poste… » et pourtant elle n’était pas la candidate préférée des États-Unis sous l’administration Trump qui lui préférait la ministre sud-coréenne du Commerce Yoo Myung-hee. Alors que l’élection d’un nouveau directeur général nécessite le consensus de tous les membres de l’Organisation mondiale du commerce(OMC), la position américaine compliquait le processus de prise de décision même si l’économiste nigérian bénéficiait déjà d’un large soutien de la part des membres de l’OMC, dont la Chine, l’Union européenne, l’Union africaine, le Japon et l’Australie.

Un soutien de taille

A présent, avec le soutien de l’administration Biden et le retrait de son challenger, Yoo Myung-hee, la ministre sud-coréen du commerce, Okonjo-Iweala a de fortes chances de devenir la première Africaine et la première femme à prendre la tête de l’Oganisation Mondiale du Commerce.
L’OMC, organe basé à Genève et chargé de promouvoir le libre-échange, est sans dirigeant permanent depuis que Roberto Azevedo a démissionné un an plus tôt que prévu à la fin du mois d’août 2020 suite à une dispute commerciale croissante entre les États-Unis et la Chine.

Occuper un poste de premier rang n’est pas une nouveauté pour Okonjo-Iweala. Elle était déjà la première femme ministre des Affaires étrangères du Nigeria et a occuper le poste de ministre des Finances à deux reprises dans son pays.

Au cours de son deuxième mandat en tant que ministre des Finances, Okonjo-Iweala a développé des programmes de réforme qui ont contribué à améliorer « la transparence gouvernementale et à stabiliser l’économie« . Elle s’est ainsi attellé à réduire la corruption et la dette publique. Le magazine économique américain Forbes l’avait d’ailleurs classée n ° 48 dans le top 50 mondial « Power Women » en 2015.
En 2019, Okonjo-Iweala a été classée parmi les « 8 femmes combattantes anticorruption » de Transparency International qui inspirent.

A la fin des années 2000, elle devient directrice générale de la Banque Mondiale, mais elle échoue à en prendre la présidence.

« Le vent tourne en faveur des femmes… »

Formée à Harvard et titulaire d’un doctorat, elle préside le conseil d’administration de Gavi, une alliance mondiale de vaccins qui contribue actuellement à garantir que les pays en développement aient un accès aux vaccins contre la Covid-19.

Pour Fadumo Dayib, la première femme candidate à la présidentielle en Somalie, la candidature d’Okonjo-Iweala est un signe que « le vent tourne en faveur des femmes compétentes…« . L’économiste nigérian Tunji Andrews insiste pour sa part sur le fait que la communauté internationale a finalement réalisé que les Africains peuvent s’asseoir à la table avec les puissances mondiales.

Carole Assignon