Nigeria : inculpé pour blasphème, un garçon de 13 ans écope de 10 ans de prison

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Il s’appelle Omar Farouq, et a 13 ans. Il lui est reproché  d’avoir employé des termes blasphématoires pendant une dispute avec un ami. Sa sentence, une peine de 10 ans de prison.

Ce verdict, pour le moins particulier, a été rendu par le tribunal de l’Etat de Kano, et suscite d’ailleurs une grosse vague d’indignation, notamment de l’organisme onusien en charge de défendre les droits de l’enfant (UNICEF). Pour l’organisation, cette décision est plus que répréhensible. Peter Hawkins, représentant de l’UNICEF au Nigeria, qui s’est d’ailleurs prononcé à ce sujet, a dénoncé que « la condamnation de cet enfant à 10 ans de prison pour travaux subalternes est une erreur. Il viole également tous les principes fondamentaux sous-jacents des droits de l’enfant et de la justice pour enfants ».

Une affaire qui suscite l’attention

Me Kola Alapinni, l’avocat de Farouq, a fait savoir que c’est le hasard qui l’a conduit sur le dossier. Pour lui, la décision du tribunal de l’Etat de Kano constitue une violation assez grave de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant et de la Constitution du Nigeria. Au micro de CNN, il a indiqué que « le blasphème n’est pas reconnu par la loi nigériane. Il est incompatible avec la Constitution du Nigéria ». Comme de nombreux Etats à dominance  musulmane, celui de Kano applique la charia, de même que la loi laïque. Des militants islamistes s’en prennent très souvent aux communautés chrétiennes.

Par crainte de représailles, la mère de Farouq a décidé de se réfugier dans une ville voisine suite à la descente de grosses foules chez elle. Toujours dans le même Etat de Kano, Yahaya Aminu Sharif, un musicien accusé de « blasphème » avait écopé d’une condamnation à mort. Le verdict avait été rendu par un tribunal islamique, le 10 août.