Mali : la Cedeao somme les putschistes de désigner un président civil, d’ici le 15 septembre

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Les chefs de l’Etat de la Cedeao, à l’issue du sommet de Niamey, tenu le 7 septembre, ont donné huit jours à la junte au pouvoir au Mali pour nommer un président et un Premier ministre civils, à la tête du gouvernement de transition.

Huit jours pour désigner un civil à la tête du gouvernement de transition. C’est l’ultimatum lancé par les chefs d’Etat de la Cedeao, réunis à Niamey le lundi 7 septembre, au Comité national de salut public (CNSP) qui dirige le Mali depuis le coup de force du 18 août.

Cette exigence s’étend au poste de Premier ministre qui doit échoir également à un civil, indique le communiqué final, à l’issue de ce premier sommet en présentiel depuis le début de la crise de Covid-19.

Dans son allocution d’ouverture, le président nigérien Mahamadou Issoufou a appelé la junte militaire à « aider [la Cedeao, Ndlr] à aider le Mali » et réaffirmé la volonté de la communauté « d’aider les Maliens à rétablir rapidement toutes les institutions démocratiques ».

Ce rétablissement « rapide » des instances démocratiques, prôné par la Cedeao est la principale pierre d’achoppement des négociations entre le CNSP et la communauté depuis le début de la crise.

Pour la junte, trois ans aux commandes du pays seraient nécessaires « pour revoir les fondements du Mali ». Cette transition ne saurait excéder 12 mois, rétorque la Cedeao qui vient de durcir le ton, avec ce nouvel ultimatum qui s’accompagne de la reconduction des premières sanctions mises en place par l’organisation.

Ce nouveau tour de vis vient renforcer la pression sur le régime des Colonels, qui a déjà fort à faire pour maintenir la dynamique populaire dont elle tire sa légitimité et l’insécurité qui est montée d’un cran depuis leur prise de pouvoir.

Les militaires maliens ont déjà essuyé trois attaques djihadistes meurtrières depuis le coup d’Etat. Le 5 septembre dernier, c’était au tour de la force française Barkhane de perdre deux soldats dans un attentat dans le nord du Mali.

Dans cette poudrière malienne rendue encore plus instable par le coup d’Etat, le chef de l’Etat français, Emmanuel Macron, a également appelé – après son hommage aux deux soldats français disparus – « à la mise en place sans délai d’une transition politique civile au Mali, conformément aux attentes de son peuple, de l’ensemble des pays qui le soutiennent, et condition sine qua none d’une lutte efficace contre les terroristes ».

Le sommet s’est achevé sur la désignation du président ghanéen Nana Akufo-Addo, à la tête de la Cedeao, en remplacement du Nigérien Mahamadou Issoufou, pour un mandat d’un an.

Stéphane Alidjinou