Les présidents égyptien et sud-africain discutent du barrage éthiopien sur le Nil et de la crise en Libye au téléphone

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Building site machines stand on the construction site of the Grand Ethiopian Renaissance Dam in Guba in the North West of Ethiopia, 24 November 2017. The dam is currently being built on the Blue Nile and is going to be the biggest dam in Africa. However, the construction leads to tensions, especially with Egypt that worries about its share in Nile water. Photo: Gioia Forster/dpa

Le président égyptien Abdel-Fattah al-Sissi s’est entretenu samedi au téléphone avec son homologue sud-africain Cyril Ramaphosa, pour discuter du grand barrage éthiopien sur le Nil, un ouvrage controversé, et des récents développements en Libye.

Lors de cet appel, les deux présidents ont échangé des vues sur la situation actuelle du Grand barrage éthiopien de la Renaissance (GERD) et les négociations sur ce point entre l’Egypte, l’Ethiopie et le Soudan, a indiqué dans un communiqué le porte-parole de la présidence égyptienne, Bassam Rady.

Au cours des dernières années, les pourparlers tripartites sur les règles de remplissage et d’exploitation du grand barrage hydroélectrique d’Ethiopie ont été infructueux. L’Egypte craint que la construction de l’ouvrage n’affecte sa part annuelle de l’eau du Nil.

Vendredi, l’Egypte a exhorté l’Ethiopie à n’entreprendre aucune « action unilatérale » concernant le remplissage du barrage contesté jusqu’à ce qu’un accord tripartite entre l’Egypte, l’Ethiopie et le Soudan soit conclu.

L’Egypte, le Soudan et l’Ethiopie ont repris mardi les pourparlers techniques pour la première fois depuis février, quand les négociations soutenues par les Etats-Unis et la Banque mondiale furent interrompues après le retrait de l’Ethiopie.

Lors de la réunion, l’Egypte et le Soudan ont exprimé leurs préoccupations au sujet d’une nouvelle proposition éthiopienne sur le remplissage et le fonctionnement du GERD.

Parallèlement, a déclaré le porte-parole, les deux dirigeants ont également discuté des développements actuels en Libye et des efforts conjoints de l’Afrique pour régler le conflit dans le cadre de l’initiative de la Déclaration du Caire récemment proposée sous l’égide de l’Egypte.

Le président sud-africain a pour sa part salué les efforts de l’Egypte pour résoudre le conflit en Libye, saluant l’initiative de la Déclaration du Caire.

Il a noté que l’initiative est dans la ligne des efforts de l’Union africaine pour régler la crise libyenne et mettre un terme aux répercussions négatives du conflit qui mettent en danger la stabilité et la sécurité des pays voisins et du continent africain dans son ensemble.

Pour sa part, le président al-Sissi a souligné que l’Egypte avait pour objectif de parvenir à un règlement politique global qui garantisse la sécurité et la stabilité en Libye et mette fin à la violence et au terrorisme, avec le retour des institutions de l’Etat et la préservation des ressources du peuple libyen, a indiqué M. Rady.

Le 6 juin, le chef de l’Etat égyptien a annoncé son initiative visant à mettre fin au conflit interne libyen à la suite de sa rencontre au Caire avec Khalifa Haftar, le commandant de l’armée libyenne basée dans l’est du pays, et Aguila Salah, le président du Parlement basé à Tobrouk.

La Déclaration du Caire propose un cessez-le-feu entre les belligérants libyens, la dissolution des milices et la remise des armes, le retrait des forces étrangères, l’élection d’un conseil présidentiel au pouvoir représentant tous les Libyens et la rédaction d’une déclaration constitutionnelle pour réglementer les élections pour les étapes ultérieures.

Xinhua