Leonora Miano remporte le prix Femina

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Le prix Femina 2013 a été attribué à la Camerounaise Leonora Miano mianopour La saison de l’ombre (Grasset), roman sur le basculement d’un monde pour une communauté africaine confrontée à la traite négrière et à la disparition d’êtres aimés.

Le roman suit la quête du chef Mukano et de trois mères partis sur les traces des disparus. «Rythmées et concises, les phrases de Miano semblent des pointillés tracés le long de leur chemin, écrivait Libération, en octobre dernier au sujet du livre. Une œuvre dont l’ambition n’est pas sans rappeler celle de Chinua Achebe dans Le monde s’effondre (Things Fall Apart, 1958), qui racontait le délitement d’un village nigérian face à la colonisation britannique.»

Le Femina du meilleur roman étranger a été décerné au romancier américain Richard Ford pour Canada (L’Olivier). Libération est allé à la rencontre de Richard Ford, à l’occasion d’un portrait. A retrouver ici. Extrait : «Le livre est l’aventure d’un adolescent de 16 ans, Dell, dont les parents font un hold-up foireux pour rembourser des dettes. Le père travaille dans l’Air Force, comme naguère le père de la femme de Ford. La comparaison s’arrête là. Le premier est assez doux, bon gars, et il organise un trafic de viande. Le second ne trafiquait pas, mais il était «très dur, un cœur froid». La famille de Dell habite le Montana, à Rock Springs, un lieu où l’auteur a vécu et qu’il a déjà réinventé dans de précédents livres. La banque attaquée est dans un trou du Nord Dakota. Les parents sont arrêtés sous le nez de leurs enfants : longue et formidable scène, du point de vue de Dell. Ils meurent en prison, vite. Pour échapper à l’orphelinat, la sœur de Dell fugue et lui, file au Canada. Le voilà chez un propriétaire d’hôtel de passe, pour qui il travaille. Ce propriétaire pourrait devenir une sorte de nouveau père : c’est un type plein de mystère. Mais c’est aussi un monstre. Canada est un roman d’apprentissage rétrospectif. Il flotte aux confins indéterminés d’un deuil impossible et d’un avenir possible.»

Le prix Femina de l’Essai a été attribué à Jean-Paul et Raphaël Enthoven pour le Dictionnaire amoureux de Proust (Plon/Grasset)..