Génocide rwandais, la France visée par un nouveau rapport

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A survivor of Rwanda?s 1994 genocide opens the coffins which contain remains of victims at the Nyanza Genocide Memorial ahead of a mass burial in Kigali on May 2, 2019. - The remains were found early last year, when 143 pits containing thousands of bone and clothing fragments were discovered beneath homes on the outskirts of Kigali. Those exhumed for burial on May 4 came from just 43 such pits -- leaving 100 more to go. Ibuka, an umbrella organisation for genocide survivors, said a landlord from the area revealed the location of the graves only after he was threatened with arrest. More pits were later found when a man, tasked in 1994 with dumping corpses, came forward with new information. Rwanda in 2019 marks the 25th anniversary of the genocide. (Photo by Yasuyoshi CHIBA / AFP)

Le rôle de la France lors du génocide rwandais établi par un rapport commandé par Kigali en 2017 et publié lundi.Ses auteurs sont formels : la France porte une lourde responsabilité pour avoir rendu possible un génocide prévisible’’.

Pour le cabinet d’avocats américain ayant travaillé sur le dossier, Paris savait que des massacres étaient en préparation, mais n’a pas coupé les ponts avec le régime Habyarimana.

« Notre conclusion est que l’Etat français porte une lourde responsabilité pour avoir rendu possible un génocide prévisible », affirment les auteurs de ce rapport sur le rôle de la France dans ces massacres qui ont fait plus de 800.000 morts en trois mois, essentiellement au sein de la minorité tutsie. »

Cette enquête, commandée par le Rwanda en 2017 au cabinet d’avocats américain Levy Firestone Muse, estime par ailleurs que la France savait qu’un génocide se préparait mais a continué à apporter « un soutien indéfectible » au régime du président hutu Juvénal Habyarimana. Ce soutien a perduré même lorsque « leurs intentions génocidaires étaient devenues patentes ».

Le rapport de près de 600 pages n’a pas pu établir de preuves quant à la participation de responsables ou du personnel français aux tueries, entre avril et juillet 1994.

Mais il rejette l’idée que Paris était « aveugle » face au génocide qui se préparait, comme l’a récemment estimé le rapport de l’historien français Vincent Duclert, remis fin mars au président français Emmanuel Macron, qui l’avait commandé.

La commission Duclert a conclu que si « rien ne vient démontrer » qu’elle s’est rendue complice, la France porte des « responsabilités lourdes et accablantes » dans la tragédie, notamment en étant « demeurée aveugle face à la préparation » du génocide.

Le rapport du cabinet américain souligne de son côté que la France a été un « collaborateur indispensable dans l’établissement d’institutions qui deviendraient des instruments du génocide ».

« Aucun autre État étranger n’avait connaissance du danger représenté par les extrémistes rwandais tout en appuyant ces mêmes extrémistes (…) Le rôle du pouvoir français a été singulier. Pourtant, l’Etat français n’a toujours pas reconnu son rôle et ne

Le Premier ministre français de l’époque des faits, Edouard Balladur, avait rejeté la semaine dernière l’idée d’une repentance affirmant que son pays ayant été le seul à avoir initié une opération humanitaire au Rwanda pendant cette période trouble.

Au moins 800 000 personnes ont été tuées pendant le génocide rwandais entre le 4 avril et le 7 juillet 1994.