Ethiopie : depuis Mekelle, Abiy Ahmed affiche sa détermination à traduire les dirigeants du TPLF devant la justice

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A travers une visite à Mekelle, la capitale du Tigré, deux semaines après sa prise par les troupes fédérales, Abiy Ahmed tente de rassurer l’opinion. De nombreux témoignages font pourtant état d’une dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans la région.

Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, s’est rendu le dimanche 13 décembre 2020, à Mekelle, la capitale de l’Etat régional du Tigré. Une visite qui intervient deux semaines après la chute de la ville, désormais entre les mains des troupes fédérales.

« Je suis allé à Mekelle et j’ai rencontré les commandants de l’ENDF [armée fédérale, Ndlr] ainsi que l’administration provisoire du Tigré. Les télécommunications et l’électricité sont actuellement rétablies après les réparations ; les travaux d’infrastructure en cours et les secours humanitaires fournis. Nous allons continuer à appréhender la clique criminelle (TPLF) », a déclaré Abiy Ahmed.

Ce déplacement du Premier ministre éthiopien dans le Tigré a lieu dans un contexte de forte dégradation de la situation humanitaire dans la région, où les agences des Nations unies n’arrivent toujours pas à faire acheminer l’aide alimentaire à des milliers de réfugiés.

A travers cette visite, Abiy Ahmed tente par ailleurs de rassurer l’opinion sur la mainmise des troupes fédérales sur le Tigré, alors que de nombreux témoignages font état de l’insécurité qui règne dans la région, et aussi face au TPLF qui refuse de s’avouer vaincu soutenant toujours contrôler des territoires dans la province.

Dimanche, à Addis Abeba, le Premier ministre soudanais, Abdalla Hamdok, a déclaré être parvenu à un accord avec son homologue éthiopien pour tenir une réunion « d’urgence » de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) pour résoudre la crise dans le Tigré.

Fondée en 1996, l’IGAD rassemble plusieurs pays d’Afrique de l’Est dont l’Ethiopie et le Soudan.

La crise éthiopienne constitue une source de préoccupation pour le Soudan qui fait face à un afflux important de réfugiés sur son territoire. Depuis le début du conflit, plus 50 000 Ethiopiens ont traversé la frontière pour se rendre au Soudan.

Considérant depuis lors toute initiative internationale comme une ingérence dans leurs affaires intérieures, les autorités éthiopiennes n’ont pas confirmé cette annonce du Premier ministre soudanais.

« La partie soudanaise a réitéré sa solidarité avec le gouvernement éthiopien dans les opérations de maintien de l’ordre qu’elle a entreprises », a déclaré un communiqué du bureau d’Abiy Ahmed.

Borgia Kobri