Ce que coûte le Conflit centrafricain aux voisins

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Les Centrafricains ne sont pas les seuls à payer  le prix de la catherine-samba-panza-presidente-interim-centrafrique-banguiguerre  qui déchire  leur pays.  Les voisins  sont aussi affectés. Durement pour  certains.

Le 16 novembre 2013, près de 400 rebelles centrafricains attaquent le marché de Gbiti,  un village de l’arrondissement de Ketté, dans le département de la Kadéy, où se tient chaque semaine le plus grand marché de bétail de la région de l’Est Cameroun. L’unité de l’armée camerounais sur place, prise   au dépourvue est assez légère pour contenir les assaillants. Elle appelle au  renfort. Les éléments arrivent  de Nkette où se trouve une base du Bir (Bataillon d’intervention rapide).  Des échanges de tirs nourris entre les soldats camerounais et les rebelles  font  7 morts dont trois soldats du Bir.

Suite à cette agression, près de 2000 hommes  constitués de militaires, de gendarmes et des soldats du Bir ont été déployés à Gbiti pour contrer les offensives de la rébellion centrafricaine. Le 31 décembre 2013,  une  attaque de bandes armées en provenance de la Centrafrique se solde  à NKetté par la mort de deux soldats du (Bir) et un gendarme camerounais.

La guerre en Centrafrique déborde largement les frontières de ce territoire. La sous région  subit de plein fouet les effets de cette  crise dans laquelle intérêts politiques et religieux se croisent dangereusement. Depuis le début du conflit     en fin 2012, les forces de défense centrafricaines et  Tchadiennes enregistrent régulièrement  des incursions meurtrières des groupes armés centrafricains.

Malgré la présence des forces africaine et française en Centrafrique, l’insécurité persiste sur  l’axe reliant le Cameroun et la Rca. Cet axe constitue  la principale ligne commerciale qui assure  les échanges commerciaux entre la Rca et l’extérieur.  Mais les camionneurs y sont souvent pris pour cible par les bandes armées.

Le fardeau des réfugiés

La sous régions Afrique Centrale est aujourd’hui en proie aux trafics d’armes et de stupéfiants. La menace Boko Haram  et autres filiales de Al Qaida  y a accru. Pour limiter les risques, Les pays de la Cemac ont renforcé leur système de surveillance à la frontière avec la Centrafrique. Une situation qui exige nécessairement  un relèvement du budget de  sécurité.

Au-delà des questions sécuritaires, les voisins doivent supporter le lourd fardeau des réfugiés qui ont fui la guerre dans leur pays.  Selon Yaoundé, le nombre de réfugiés centrafricains au Cameroun  est passé de 50 à 150.000 au cours de deux derniers mois. Au Tchad on en dénombre à ce jour près de 80000 et ces taux n’ont cessé  de croitre.

Subvenir au besoin de ces populations en détresse établies dans les camps de  fortune est un énorme défi comme l’a relevé le représentant du Secrétaire Général  de l’Onu en Afrique Centrale. Dans le cadre d’une tournée qui l’a conduit récemment dans les pays de l’Afrique centrale, Abou Moussa a fait un arrêt dans un camp  de réfugiés centrafricain  à Garoua Boulaï dans l’Est du Cameroun et a confié à la presse : «ce que nous avons vu dans les sites abritant les réfugiés à l’Est est affolant et alarmant. Il y a un important travail de fond à mener pour que les victimes retrouvent une vie normale, en particulier les femmes qui subissent les viols sur le chemin de l’exil ainsi que les enfants traumatisés par la guerre et les abus subis par leurs parents.»   Le diplomate onusien a également souligné les risques de maladies dû à l’hygiène et l’insalubrité.

Au Tchad les mêmes situations d’urgence sont signalées.  Thomas Gurtner, le Coordonnateur de l’action humanitaire affirme que « Beaucoup  de ceux qui arrivent sont blessés, traumatisés, malades ou malnutris. Près de 1 000 enfants sont non accompagnés ou séparés de leurs familles.    Ils ont tous besoin d’assistance sous forme de protection, d’abris, d’eau potable, de nourriture et de soins de santé pour survivre ».

La société civile et les gouvernements  font tout ce qu’ils peuvent mais le manque de ressource est criard.  L’aide apportée aux pays  qui accueillent les réfugiés  est pour l’heure insuffisante au regard des besoins que Abou Moussa a qualifié d’ailleurs d’importants. On espère qu’elle débloquera d’autres fonds  dans un avenir proche car il y a urgence.

Babine Nsoa

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