BÉNIN: L’HOMME D’AFFAIRES SÉBASTIEN AJAVON ACCUSÉ D’ÉVASION FISCALE

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Le richissime homme d’affaires béninois Sébastien Ajavon, fait l’objet d’un redressement fiscal de 167 milliards de francs CFA (plus de 254 millions d’euros), relaçant les spéculations d’acharnement du pouvoir sur cet ancien candidat à la présidentielle.

« Il lui est reproché d’avoir organisé à travers plusieurs de ses sociétés une évasion fiscale sur les années 2014, 2015 et 2016 », a appris vendredi l’AFP des services fiscaux à Cotonou, capitale économique du Bénin.

L’information abondamment relayée par la presse béninoise est confirmée par l’entourage de l’homme d’affaires et homme politique qui était arrivé à la troisième place de l’élection présidentielle en 2016.

Ses proches ont confié à l’AFP qu’ils ne voulaient toutefois pas « se prononcer sur cette affaire », qui selon eux est une « nouvelle trouvaille du régime Talon » pour déstabiliser son adversaire politique et économique.

Le président Patrice Talon, qui est également un homme d’affaires très important au Bénin, après avoir fait fortune dans le coton, doit pourtant sa victoire aux urnes à Sébastien Ajavon, grâce au report de ses voix du second tour.

Les sociétés Comon SA, Jlr SA et la Sci l’Elite sont, selon ses proches, concernées par ce redressement qui aurait été notifié à l’intéressé depuis le 14 août par une lettre de la direction des impôts de Cotonou.

« De mai 2017 à la mi-août 2017, une équipe de cinq inspecteurs des impôts a séjourné dans les locaux des sociétés de Sébastien Ajavon à Djeffa » (commune de Sèmè Podji, sud), a appris l’AFP d’une autre source proche du dossier.

Dans les rues de Cotonou, de nombreux citoyens interrogés par l’AFP voient à travers cet acte « un acharnement contre Ajavon ». On « cherche à (le) mettre en prison par tous les moyens », estime Cyrille Hounsou, la quarantaine, supporter de M. Ajavon.

Un juriste et membre de la société civile, Ralmeg Gandaho, joue lui la carte de l’apaisement et invite le conseil de Sébastien Ajavon à « emprunter la voie du contentieux fiscal ».

« Ce n’est pas le moment de rentrer dans les spéculations », conseille cet activiste qui explique que « la justice a déjà rendu une décision par rapport à Ajavon qui montre que nous avons un système judiciaire fiable ».

Sébastien Ajavon a déjà été dans le collimateur de la justice l’année dernière, accusé de trafic de drogue, avant d’être relaxé quelques mois plus tard.

En octobre 2016, il avait été arrêté après la découverte d’environ 18 kg de cocaïne pure d’une valeur estimée à environ 9 milliards de francs CFA (près de 14 millions d’euros) dans un conteneur destiné à l’une de ses sociétés.

M. Ajavon, qui avait alors dénoncé un « complot », a été libéré après huit jours de garde à vue à la suite d’une comparution immédiate devant le parquet de Cotonou.

                                                                         Afp