3e conférence des Synergies Africaines :Niamey, l’appel à la globalisation

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Que d’actions à mettre à l’actif des 3553Synergies Africaines qui ont pris à bras le corps, la gestion des souffrances des populations africaines afin de les sortir du spectre de la pauvreté. Et quand bien même cette action s’est quelque peu voulue circonscrite en le domaine de la santé et notamment la lutte contre le Sida, les enjeux nouveaux qui interpellent le continent semblent avoir œuvré au changement du fusil d’épaule de cette ONG internationale qui n’en finit pas de susciter de l’intérêt.

Après Yaoundé en 2002 et Ouagadougou en 2005, Niamey a pris le relais des concertations des premières dames d’Afrique et des personnalités du monde scientifique pour sonner l’appel à plus d’implication des populations dans la bataille contre la pandémie du siècle, mais également de toutes les formes de souffrance qui maintiennent une importante frange de la population africaine dans une indigence de fait. Cet appel a été conjointement lancé par 10 premières dames africaines auxquelles étaient associées trois représentantes de leurs sœurs n’ayant pu effectuer le déplacement de Niamey. Si on admet que la mobilisation aura été la plus forte même si d’aucuns l’ont vue quelque peu diluée au regard des adhésions africaines à la philosophie commandant le déploiement des Synergies Africaines, la qualité des interventions et des résolutions prises lors de cette 3e rencontre invite plutôt à l’optimisme. Surtout que, dressant un bilan sans fioritures des avancées de la prévalence du Sida en Afrique, les membres de cette ONG y ont vu un danger latent contre lequel l’urgence de l’action constituait une des meilleures garanties pour assurer aux populations africaines moins de mortalité. Mortalité qui, affectant l’enfant et la femme met ces catégories dans une situation peu enviable.

Concertation urgente

A la gravité de cette situation, les premières dames qui y voient par ailleurs des conséquences économiques graves, ont entrepris d’interpeller autant leurs gouvernements que toutes les bonnes volontés éprises de sollicitude à l’endroit de ces africains desservis autant par leur état sanitaire déficient que par leur dénuement socioéconomique. Car, inverser la tendance haussière de la prévalence ou simplement de la paupérisation de nos populations revient à agir promptement et de manière concertée, chacun y apportant du sien. Bien évidemment, cette concertation n’exclut pas les appoints des pays amis et notamment plus riches que ceux du continent noir confrontés aux difficultés financières qui sont les leurs car, il y va pour ainsi dire de l’épanouissement et de la survie de l’espèce humaine. Aussi les options stratégiques inhérentes aux plans opérationnels de lutte devront-ils par ailleurs intégrer les politiques sanitaires de chacun des pays africains, pour donner à la lutte contre le Sida et les souffrances une dimension plus englobante et partant, plus efficace. Cela induit par conséquent, des investissements en infrastructures conséquemment équipées, pour s’arrimer aux évolutions mêmes de la maladie et opposer à ses différents vecteurs la meilleure défense qui soit.

C’est dire que les différents acteurs sanitaires devront davantage faire montre de sollicitude. Ce d’autant plus que, jouant un rôle d’avant-garde dans le combat de longue haleine qui est celui contre le Sida, de leur disponibilité permanente dépend l’efficacité des apports multiformes émanant des autres partenaires que sont les populations elles-mêmes, chacun essayant, dans son domaine de compétence, d’apporter ce qu’il a de meilleur, en une véritable synergie de contributions. Cela, la première dame du Niger et présidente en exercice des Synergies Africaines n’a pas omis de le marteler, renforçant cela par une profonde conviction afin que : «les résultats escomptés soient à la hauteur de notre engagement et que la Femme et l’Enfant africains accèdent définitivement au bien-être auquel ils ont droit». Et tel est effectivement le but poursuivi par les actions de Synergies Africaines car : «il est indispensable d’agir ensemble, et important d’agir maintenant … pour soulager les souffrances des malades ; dissiper l’angoisse des mères en détresse ; préserver l’avenir des orphelins abandonnés ; redonner espoir aux familles éprouvées qui nous regardent aujourd’hui et attendent de nous, assistance, affection et réconfort». Un appel et un engagement univoque s’imposent donc d’eux-mêmes.

 Mobilisation plurielle

Toutefois, pour garantir l’efficacité de cet appel et de cet engagement, il faut par ailleurs disposer d’une mobilisation de tous les instants. Car, au-delà de la sensibilisation permanente en ce qui concerne le Sida et les dangers auxquels on s’expose en cas de manquement aux règles de prévention, l’éducation des masses populaires induit une disponibilité permanente que ne sauraient seules justifier les premières dames, initiatrices des Synergies Africaines. Aussi comprend-on qu’elles se soient depuis intégrées aux politiques sociales et sanitaires des gouvernements locaux où se déploie l’ONG. En fait, il s’agit à travers cette mobilisation d’intégrer leurs actions dans ce qu’il y a de plus urgent sur ces deux voltes intimement liés à la raison d’être même de cette organisation : apporter réconfort et sourire aux populations en détresse. Une détresse qui ne saurait se limiter aux déficiences sanitaires et d’autant plus pernicieuse et avilissante quand elle devient essentiellement morale. C’est dire que les Synergies Africaines en s’impliquant au mieux-être global de l’homme, ne peuvent que quérir la mobilisation plurielle autant des bénéficiaires que des bonnes volontés voulant partager leur surplus. Au total, on comprend que les Synergies Africaines peaufinent au fil des ans, ces modes de déploiement pour non seulement étendre son champ mais aussi ses actions en faveur des populations africaines connaissant quelque souffrance.

                                                                                                              Michelle Durand

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