10e sommet CEN-SAD : Développement rural et sécurité alimentaire au menu

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Si au fil des ans la CEN-SAD a réussi le conseilministrepari de l’intégration africaine, sa bataille la plus rude à gagner se situe encore au plan agricole afin de parvenir à l’autosuffisance alimentaire dans l’ensemble de ses pays membres. Un véritable défi qu’entend par conséquent relever cette organisation régionale.

En plaçant le 10e sommet sous le double prisme du développement rural et la sécurité alimentaire, la CEN-SAD entend ainsi assurer aux populations de son ressort territorial un avenir radieux, notamment dans ceux des états où la disette semble avoir élu domicile : le Burkina Faso, le Niger, le Mali, le Tchad et le Soudan. Pour ce faire, ces pays bénéficient depuis 2004 d’un programme sectoriel conséquent articulé sur l’impérieuse nécessité d’y parvenir à travers l’amélioration des techniques culturales par introduction progressive des innovations agricoles. Ainsi donc, ces pays ont vu leurs exploitations agricoles traditionnelles se muer en véritables exploitations industrielles au travers de la maîtrise des régimes hydrauliques, l’intensification de la production végétale, la diversification des productions en rapport avec les contraintes socioéconomiques spécifiques à chacun des pays. Mieux, en disséquant cet important programme sous deux composantes, la CEN-SAD voudrait ainsi s’assurer un meilleur suivi dudit programme qui intègre également la lutte contre la pauvreté dans lesdits pays. Bien évidemment la réussite y attachée a permis de l’étendre à d’autres pays membres à l’instar du Bénin afin de constituer à terme une véritable «muraille verte». En fait, il s’agit là du programme prioritaire de la CEN-SAD en matière de sécurité alimentaire régionale. A ce titre, il bénéficie d’un financement à hauteur de 1,8 million de dollars.

 

Le développement durable en toile de fond

 

A l’analyse, cette option de développement qui de surcroît intègre la lutte contre la désertification vise essentiellement la mise en œuvre de nouvelles formules de développement articulées autour de la protection des infrastructures et des ressources naturelles des différents pays bénéficiaires. Mieux ancré dans la synergie caractérielle qui est la sienne, ledit programme  n’en demeure pas moins un modèle réussi de protection de la biodiversité. Des options qui inéluctablement font du développement durable le socle par excellence, lui-même ancré dans la mise en œuvre des trois conventions de Rio relatives à la lutte contre la désertification, à la protection de diversification biologique et à l’adaptation aux changements climatiques. Forte de cette option, la CEN-SAD favorise dans la région un développement endogène qui assurera à terme, une mutation socioéconomique conséquente. Et quand bien même les pays de la CEN-SAD souffrent du renchérissement des prix des produits alimentaires, la solidarité qui y est de mise doublée à la détermination des pays membres de bâtir l’union autour du développement agricole, il est clair que le défi sera relevé de fort belle manière, ne serait-ce qu’à s’en tenir à l’engouement des populations pour atteindre des paliers supérieurs en termes de production agricole. Bien évidemment, avec les assises de Cotonou cette détermination s’est vue renforcée par l’engagement des divers pays membres à poursuivre le programme de la «muraille verte» et de l’étendre davantage.

On le comprend, les potentialités de la région y trouvent une opportunité réelle d’être pleinement exploitées, aidées en cela par une mobilisation financière conséquente, même si pour le projet en cours il faudra mobiliser 33,32 millions de dollars en cinq ans pour sa mise en œuvre effective. Comme quoi, la solidarité à l’origine de la création de la CEN-SAD a trouvé des terrains fertiles pour devenir le véritable cément de nombreuses populations africaines. Au total, la CEN-SAD donne là un bel exemple d’intégration socioéconomique qui, en sus, facilite les rapports politiques entre les états membres. Quoi de plus normal donc que cette organisation connaisse autant de sollicitations d’entrées nouvelles, le Cap Vert, le Kenya et la Mauritanie étant en l’occurrence les futurs membres.

 

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